Fédération Nationale de la Libre Pensée
Membre de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP)
10/12 rue des Fossés -Saint-Jacques 75005 PARIS
COMMUNIQUE DE PRESSE
11 NOVEMBRE :
Non à la Militarisation de l’Ecole !
Non à l’Esprit de Caserne
La rentrée scolaire : des élèves sans professeur, des professeurs sans remplaçant, des lycéens sans place dans les lycées, des étudiants sans place dans les universités et sans doute des enseignants et des personnels non-payés du fait du gigantesques piratage informatique des données du Ministère de l’Éducation Nationale, dû à son incompétence totale.
Dans cette situation, le Ministère n’a rien de plus urgent que d’éditer un fascicule de 15 pages consacré à la « cérémonie commémorative annuelle du 11 novembre » (cérémonie qui doit durer un quart d’heure !). Sont concernés les écoles élémentaires depuis le CM1, les Collèges, les Lycées publics ou privés sous contrat. La Cérémonie qui doit regrouper élèves et enseignants, ne peut se dérouler dans les classes, mais dans un seul lieu, sous la présidence du Chef d’établissement, 4 jours ouvrés avant ou après le 11 novembre.
L’embrigadement en marche
Il s’agit de construire une « conscience citoyenne », une « histoire commune au-delà des différences », de « renforcer la cohésion nationale » avec cette cérémonie qui sera le « ciment invisible de notre cohésion ».
Silence sur la marche actuelle à la Guerre.
On est prévenu : « cette cérémonie ne célèbre pas la guerre, mais la paix conquise ». Pourtant, tout est fait pour préparer les esprits, pour embrigader les jeunes d’une façon totalitaire. Les preuves : chaque moment de la cérémonie est conçu de façon à éviter tout dérapage qui s’écarterait de la bonne voie patriotique.
- La cérémonie doit être préparée en classe, avec le concours de tous les enseignements (histoire, français, E.M.C. langues, enseignements artistiques, philosophie…) Pour ce faire, un « kit » est disponible.
- Il faut définir la notion de « Mort pour la France » et « réunir dans un même hommage les morts des conflits d’hier et ceux des conflits d’aujourd’hui ». Là aussi existe un cahier pédagogique.
- Ne pas oublier de « s’approprier des chants » et d’ « envisager des productions artistiques » pour la cérémonie. Des cofinancements sont possibles.
Sont bienvenus des partenaires : référents « Mémoire et Citoyenneté », Correspondants Défense, Élus locaux, Corps en uniforme, Associations mémorielles… Mais attention : le cadre est « strictement pédagogique » et il est défini par le chef d’établissement.
Un support est particulièrement recommandé : le Bleuet de France que chacun est invité à porter et qui peut être confectionné par les élèves ; un kit est disponible !! Quel bon « renforcement du lien Armée-Jeunesse » car, comme on le sait, le Bleuet ornera chaque lycéen à l’issue de la « Journée de Mobilisation ».
La cérémonie pourra ainsi comprendre la lecture du texte ministériel, la présentation des projets réalisés, l’Appel des Morts, un dépôt de gerbe, une minute de silence, et La Marseillaise, chantée par tous. Bien évidemment, « les élèves prennent à cette occasion des postures de respect et d’écoute. »
Cette cérémonie de 15 minutes qui a déjà pris bien du temps de préparation doit se prolonger par des discussions sur le sens de l’engagement et par des projets d’Éducation à la Citoyenneté à inscrire dans le projet d’établissement. Elle peut ainsi envahir toute l’année scolaire.
Comme on le voit, le parcours est balisé par des Kits et des dossiers pédagogiques, tout est organisé pour éviter le moindre écart, le moindre faux pas, afin d’enrégimenter les élèves. Tout cela s’inscrit dans la Militarisation croissante de l’École, notamment à travers la multiplication des Classes de Défense et l’intrusion des militaires dans les classes scolaires.
- Ils ne sauront donc pas que le 11 novembre a été institué à la demande des Anciens Combattants de la Guerre de 1914-1918 avec pour mot d’ordre : « Plus jamais ça ! ».
- Ils ne sauront pas que 639 soldats sont morts PAR la France, Fusillés pour l’exemple, et non pour la France, comme le rappelle le Monument de Chauny et qu’ils ne sont toujours pas réhabilités.
- Ils ne sauront pas que les Mutins de 1917 chantaient l’Internationale et la Chanson de Craonne et non pas la Marseillaise.
- Ils ne sauront pas… ils ne sauront pas…
Non à la militarisation de l’École !
NON à l’Esprit de caserne !
Liberté pédagogique !
Maudites soient toutes les Guerres !
Craonne, le 15 septembre 2026
