A l’occasion de la venue du Pape en France, la question de la neutralité de l’État vis-à-vis de toutes les religions se pose. En effet, alors que l’article premier de la Constitution de la cinquième république stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. », le Chef de l’État a déclaré à propos de cette visite : « Cette visite en septembre prochain sera un honneur pour notre pays, une joie pour les catholiques et un grand moment d’espérance pour tous. ».
Que Monsieur Macron, à titre privé, se réjouisse de la venue du Pape en France, c’est son droit ; il peut même, toujours à titre privé, assister à certaines des manifestations organisées à cette occasion. Mais qu’il le fasse au nom de la France et de l’État français, cela remet en cause la laïcité de la République. Monsieur Macron oublierait-il que la France n’est pas peuplée que de catholiques (30 à 40 % des Français se déclarent de tradition catholique), la religion musulmane est la deuxième religion de France (8 à 10 % de la population), la religion juive regroupe 500 000 à 600 000 adeptes sans oublier les protestants, les orthodoxes les bouddhistes, etc. Il y a même des athées en France, et même 51 % de la population d’après un sondage IFOP de 2021 ! Tous ces gens, au nom de l’unité de la France, doivent-ils eux aussi se réjouir de cette visite qui ne les concerne guère ?
Ces déclarations du Président de la République remettent gravement en cause le principe de la laïcité, un des fondements de notre République.
On nous arguera qu’il s’agit d’accueillir un chef d’État. Quel État : sans constitution, sans élections démocratiques, avec plus de « fonctionnaires » que de « citoyens », qui ne siège à l’ONU qu’au titre d’observateur ?
Dans la loi de 1905 dite de séparation des Églises et de l’État il est précisé : « L’État et les collectivités territoriales ne reconnaissent ni ne salarient aucun culte » ; et plus loin : « Les dépenses liées aux cultes (salaires des ministres du culte, entretien des lieux de culte) sont désormais à la charge des fidèles. » . Connaîtra-t-on un jour les coûts directs et indirects, pour l’État et les collectivités territoriales, de cette visite ?
Déjà la Municipalité de Metz a prévu une subvention de 500 000 euros…
Là encore les lois de la République risquent d’être mises à mal.
La Libre Pensée dénonce ces manquements graves aux lois de la République.
Communiqué du Groupe de Saint Nazaire
le 30/08/2026
