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	<title>Les envahisseurs catholiques &#8211; La Libre Pensée 44</title>
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	<description>Fédération des groupes de la Libre Pensée de  Loire-Atlantique</description>
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		<title>Du Père Lebret au Forum Social Mondial, par Jacques Moisan</title>
		<link>https://lp44.fr/du-pere-lebret-au-forum-social-mondial-par-jacques-moisan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Mar 2018 13:41:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles d'auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Catholicisme social]]></category>
		<category><![CDATA[Les envahisseurs catholiques]]></category>
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					<description><![CDATA[« Chico » nous parle de son mentor, le Père Louis-Joseph Lebret, en se gardant bien d’en préciser le pédigrée, un oubli très révélateur. Oui mais voilà, le IIIème Reich s’écroule. Il faut donc, en conservant la perspective, s’adapter. Avec Lebret, ils ont pris un virage tiers-mondiste destiné à leur conférer une image plus fréquentable. Les corps <a class="more-link" href="https://lp44.fr/du-pere-lebret-au-forum-social-mondial-par-jacques-moisan/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class='content-column one_half'><h3><span style="color: #993300;"><strong>Les envahisseurs catholiques</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le forum social mondial a une nouvelle fois réuni le petit monde de « l’alter mondialisme ». C’était au Brésil, début mars 2018.<br />
Bien sûr, ceux qui prétendaient en faire à l’origine un <em>anti Davos</em> ne disposent  plus de la couverture médiatique providentielle des débuts.</strong></p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><div id="attachment_3429" style="width: 160px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum.png"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3429" class="wp-image-3429" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum-298x300.png" alt="" width="150" height="151" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum-298x300.png 298w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum-90x90.png 90w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum-768x773.png 768w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum.png 1017w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/affiche-forum-60x60.png 60w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><p id="caption-attachment-3429" class="wp-caption-text">Affiche du Forum Social Mondial 2018</p></div></div><div class='clear_column'></div>
<div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;">Il n’empêche que le rassemblement des « alter-pluriels » à la recherche d’une <em>alter mondialisation</em> à visage humain continue. <strong>Comment expliquer ce miracle ? Quelle en est l’origine ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A cette dernière question, autant laisser la parole à un spécialiste :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Francisco Whitaker, dit Chico,</strong> est une des figures les plus connues et les plus symboliques au sein du mouvement altermondialiste. Un des fondateurs du FSM à Porto Alegre, il continue d’être un des principaux animateurs du Conseil international qui organise ces forums.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au retour de Mumbai</strong> (Bombay) en 2005, il a accepté de raconter les grandes étapes d’un itinéraire personnel particulièrement mouvementé et de tirer avec nous les principaux enseignements de ce forum.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mouvements<em> :</em></strong><em> Votre nom est connu parmi les militants altermondialistes comme un des fondateurs du Forum social mondial de Porto Alegre et comme un des principaux animateurs du Conseil international du FSM, mais peu savent que vous êtes également un responsable important de l’Église brésilienne, tout en étant un laïc et non un prêtre. Quel itinéraire a bien pu vous conduire sur ce double chemin ?</em></p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;"><strong>Chico Whitaker <em>:</em></strong><em> Ce fut un long chemin car j’ai aujourd’hui 72 ans et je compte au moins 52 années d’activité publique puisque je me suis engagé dans les Jeunesses catholiques et qu’une fois à l’université, je suis devenu <strong>président des Jeunesses étudiantes catholiques</strong>. Dès cette époque je me suis trouvé fortement engagé dans les problèmes sociaux.<br />
</em><em>C’est ainsi que, par exemple en 1954, la question sociale au Brésil est devenue le thème central de notre programme de travail. Nous étions tous alors fortement influencés par <strong><span style="color: #993300;">un</span></strong> <span style="color: #993300;"><strong>théologien français, le Père Lebret, un dominicain fondateur du mouvement Économie et humanisme,</strong></span> qui avait développé la notion du « péché social », celui de l’omission devant la misère, les inégalités et qu’il considérait comme nettement plus grave que n’importe quel autre péché… </em>(1).</p>
<div id="attachment_3430" style="width: 210px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Chico_Whitaker_-_Kirchentag_Köln_2007_7074.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3430" class="wp-image-3430" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Chico_Whitaker_-_Kirchentag_Köln_2007_7074.jpg" alt="" width="200" height="200" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Chico_Whitaker_-_Kirchentag_Köln_2007_7074.jpg 260w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Chico_Whitaker_-_Kirchentag_Köln_2007_7074-90x90.jpg 90w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Chico_Whitaker_-_Kirchentag_Köln_2007_7074-60x60.jpg 60w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></a><p id="caption-attachment-3430" class="wp-caption-text">Francisco Whitaker Ferreira, dit Chico Whitaker, photo Wikipedia</p></div></div><div class='clear_column'></div>
<p style="text-align: justify;">« Chico » nous parle de son mentor, le <strong>Père Louis-Joseph Lebret</strong>, en se gardant bien d’en préciser le pédigrée, un oubli très révélateur.</p>
<div class='content-column one_half'><div class="mceTemp" style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Avant-guerre, Lebret organise les marins pêcheurs en corporations.</strong> </span></div>
<p style="text-align: justify;">Il s’en vante en avril 1943, à l’occasion des <strong>« Journées du Mont-Dore »</strong> organisées par le <strong>gouvernement de Vichy</strong>. A cette époque-là, après le débarquement allié en Afrique du Nord et Stalingrad, le sort des armées du IIIème Reich semble bien définitivement scellé. Pas pour Lebret qui continue d’y croire.<br />
Il y est missionné par<strong> Monseigneur Gerlier</strong>, auteur de la formule célèbre : <em>« Pétain, c’est la France, la France, c’est Pétain »</em>. Gerlier lui suggère d’être discret, conseil avisé, mais non suivi d’effets.</p>
<p style="text-align: justify;">Au Mont-Dore, on parle communauté, famille entreprise, jusque… la très sainte « communauté européenne », et bien sûr, du <em><strong>bien commun</strong>.</em> Lebret y est comme un poisson dans l’eau. Un compte rendu détaillé de ces journées héroïques est à consulter dans : «<em> vers la révolution communautaire, les journées du Mont-Dore, 10-14 avril 1943</em> » (Séquana Paris, 1943, 200 pages).</p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Lebret et ses amis entendent<em> « briser les résistances »</em>. Les 200 participants adoptent les <em>14</em> <em>principes communautaires.</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="alignleft" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/revol-communautaire-200x300.jpg" alt="" width="119" height="179" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>Le 1er stipule : <strong><em>«  L’homme tient de la nature ses droits fondamentaux, mais ceux-ci ne lui sont garantis que par les communautés qui l’entourent : la famille qui l’élève, la profession qui le nourrit, la nation qui le protège »</em></strong>. La profession, l’entreprise,<strong><em> « ne se développe que par l’action solidaire des personnes qui la composent. Les membres de l’entreprise administrent conjointement les œuvres communautaires au sein de l’entreprise »</em></strong>. Au-dessus de l’entreprise, règne l’Etat, <strong><em>« arbitre du bien commun »</em></strong>.<br />
Une commission intitulée <strong><em>« les réalisations communautaires »</em></strong> entend le témoignage du Révérend Père Lebret</p></div><div class='clear_column'></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><strong>Oui mais voilà, le IIIème Reich s’écroule. Il faut donc, en conservant la perspective, s’adapter.</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;">Mais, d’abord, dans l’urgence, se faire un peu oublier. D’où quelques saintes pérégrinations en Amérique du Sud, là où, Dieu soit loué, l’ordre chrétien social s’exprime en toute liberté : Brésil, Argentine …  En Argentine, c’est le temps béni du <strong>péronisme</strong> dont toute l’action s’inspire des pieuses encycliques très sociales,<strong> « <em>rerum novarum</em> »</strong>, bien sûr, mais surtout, <strong><em>« quadragesimo anno </em>»</strong>, celle qui bénit, en 1931, le fascisme mussolinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Lebret, qui avait des idées dans tous les domaines en avait aussi sur les questions économiques. En pleine guerre, il avait fondé, dans le prolongement de l’école de formation des « cadres » de Vichy (Uriage) le <strong>groupe « Economie et humanisme »</strong> avec l’aide du petit génie <strong>François Perroux</strong>, apôtre lui aussi des « communautés » dont les œuvres, elles aussi, étaient recommandées par les services de propagande du IIIème Reich. Après-guerre, comme par miracle, le gentil « humaniste » Perroux s’est lui aussi découvert une passion subite pour le « tiers monde » et ses innombrables malheurs, malheurs par ailleurs incontestables.</p>
<p style="text-align: justify;"></div></p>
<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;">Notre ami révolutionnaire « Chico » rappelle les responsabilités particuliers des dominicains. Il n’a pas tort. Historiquement, <strong>les dominicains</strong> sont le bras armé de l’inquisition. Leur plus illustre représentant, <strong>Thomas de Torquemada</strong> est désigné inquisiteur général en 1483.on ne peut ici relever toute leurs exactions, ce serait bien trop long.</p>
<div id="attachment_3436" style="width: 160px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Torquemada.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3436" class="wp-image-3436 size-full" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/Torquemada.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a><p id="caption-attachment-3436" class="wp-caption-text">Thomas de Torquemada</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ces gens-là ne peuvent plus torturer, ni brûler les mal pensants. Mais leur capacité de nuisance reste considérable.</p>
<p style="text-align: justify;"></div><div class='clear_column'></div></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Avec Lebret, ils ont pris un virage tiers-mondiste destiné à leur conférer une image plus fréquentable.</strong> </span></p>
<div class='content-column one_half'><div id="attachment_3439" style="width: 178px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/9782204054867.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3439" class="wp-image-3439" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/03/9782204054867.jpg" alt="" width="168" height="280" /></a><p id="caption-attachment-3439" class="wp-caption-text">Une synthèse de la pensée de l&rsquo;un des économistes et théologiens les plus décisifs du paysage catholique des années 50 et 60. Source : Librairie La Procure Rennes</p></div></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;">Lebret est ainsi directement à l’origine de l’encyclique <strong><em>P</em><em>opulorum progressio</em></strong> de 1967, attribuée abusivement au pape Paul VI. Il s’agissait, après Vatican II, d’actualiser une nouvelle fois, les deux encycliques « sociales » citées précédemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien de bien nouveau, &#8211; forcément – sur le fond : <strong>le monde serait séparé en deux blocs : au Nord, les riches, les nantis, les « égoïstes » qui s’éloignent des saints principes et, au Sud, les pauvres, les malheureux, les exclus … et tout le monde l’a bien compris, s’il y a des pauvres, des malheureux et des exclus, c’est la faute, aux riches, aux nantis, aux égoïstes, aux fonctionnaires, aux retraités, aux cheminots … dont il faudra bien un jour comme l’avait si bien éructé le bon abbé Pierre, « casser la gueule ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Cette idéologie parfaitement réactionnaire est à la base des forums sociaux.</strong></span></p></div><div class='clear_column'></div>
<p style="text-align: justify;">Les <strong>corps francs de l’Eglise catholique</strong> (dominicains ou jésuites) savent s’adapter à toutes les situations : Chico et ses amis ont adopté leur stratégie aux rapports de force réels.</p>
<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;">Illustration :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em><strong>Question :</strong> Était-il difficile pour un catholique de travailler dans ce parti </em>(le parti des travailleurs du brésil)<em> dont une large part avait une tradition marxiste ?</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong><em>Chico Whitaker</em> </strong>: <em>Non, le PT (parti des travailleurs) repose sur trois racines : une composante syndicaliste dont l’emblème était Lula, une composante de formation marxiste ou trotskiste qui avait lutté les armes à la main contre la dictature, enfin la troisième composante ce sont les Communautés de base lancées par l’Église brésilienne.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Au brésil comme en France, les cléricaux se battent pour faire prévaloir la suprématie de leur doctrine totalitaire</strong></span>.</p>
<p style="text-align: justify;"></div></p>
<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;">Ainsi, ils pénètrent les organisations ouvrières pour les transformer en leur contraire. Pour arriver à leurs fins, ils sont parfaitement capables d’adopter des discours, des postures qui peuvent impressionner les plus naïfs. On l’a bien vu en mai 68. Ce n’est certes pas nouveau. Raison de plus pour ne pas tomber dans le panneau.</p>
<p style="text-align: justify;">Un brin de discours « anti capitaliste » &#8211; dont on a grand soin de ne fustiger que les « excès -, une grosse touche verte, (le précédent « forum » en avait appelé <em>à la justice climatique</em> !) dans le prolongement de l’encyclique intégralement « verte » du pape François, un brin de discours larmoyants à destination des « exclus », pour culpabiliser les « nantis », ceux qui ont – encore, pour l’instant – droit à une retraite, à la sécurité sociale, à des services publics efficaces … et le tour serait joué ?</p>
<p style="text-align: justify;"></div><div class='clear_column'></div></p>
<p>Allons donc ! Pas plus les corporatistes du Maréchal que ceux du XXIème siècle ne nous feront prendre des vessies pour des lanternes. <strong>En 1943 comme en 2018, « écrasons l’infâme » !</strong></p>
<p style="text-align: center;">Mars 2018</p>
<div id="attachment_3388" style="width: 150px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques-moisan2.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3388" class="wp-image-3388 size-full" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques-moisan2.png" alt="" width="140" height="136" /></a><p id="caption-attachment-3388" class="wp-caption-text">Jacques Moisan</p></div>
<hr />
<p>(1) Interview complète de « Chico » : https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-2-page-161.html</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Comité National d’Action Laïque (CNAL), par Jacques Moisan</title>
		<link>https://lp44.fr/comite-national-daction-laique-cnal-par-jacques-moisan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Feb 2018 15:35:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles d'auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Les envahisseurs catholiques]]></category>
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					<description><![CDATA[Acte I&#160;: le colloque du CNAL des 13 et 14 mai 1971. La nouvelle ligne du CNAL&#160;: le ralliement à Vatican II. Acte II. Epinay, les 11, 12, 13 juin 1971. En guise de conclusion provisoire … Le congrès d’Epinay a marqué des générations de militants. Beaucoup ont cru, sans doute de bonne foi – <a class="more-link" href="https://lp44.fr/comite-national-daction-laique-cnal-par-jacques-moisan/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half'><h3><strong><span style="color: #993300;">Les envahisseurs catholiques</span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des militants syndicalistes ont progressivement renié leurs engagements et l’indépendance de leurs organisations. Engagés dans un processus sans fin, ils ont accepté la mainmise de la CFDT-CFTC sur le <span style="color: #993300;"><em>Comité national d’action laïque</em></span>.<br />
L’opération a été rondement menée. Les cléricaux savent faire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"></div></p>
<p style="text-align: justify;"><div class='content-column one_half last_column'><div id="attachment_1360" style="width: 142px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2015/03/llivrenoir.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1360" class="wp-image-1360" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2015/03/llivrenoir-199x300.jpg" alt="" width="132" height="200"></a><p id="caption-attachment-1360" class="wp-caption-text">Edité par la Fédération Nationale de la Libre Pensée</p></div>
<p style="text-align: justify;"></div><div class='clear_column'></div></p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Acte I&nbsp;: le colloque du CNAL des 13 et 14 mai 1971.</strong></span></h3>
<div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;"><strong>Jean Cornec</strong>, président de la Fédération des parents de l’enseignement public (FCPE, de «&nbsp;gauche&nbsp;») est à l’époque l’un des principaux animateurs du CNAL. Dans un livre publié fin 1977,&nbsp;<em>« Pour l’école libre</em>, <em>défense et illustration de la laïcité</em>&nbsp;» (1) – «&nbsp;l’école «&nbsp;libre&nbsp;», c’est évidemment dans son esprit, l’école publique laïque -, il revient sur l’évènement.</p>
<p><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-3367" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques1-300x300.jpg" alt="" width="250" height="250"></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le livre de Jean Cornec est riche d&rsquo;enseignements. On y trouve l&rsquo;affirmation de principes essentiels consignés dans la loi de séparation de 1905 mais aussi, bien des contradictions.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment l&rsquo;école publique laïque peut-elle rester à l&rsquo;abri des groupes de pression si l&rsquo;on doit admettre qu&rsquo;<em>«&nbsp;</em><em>elle ne soit plus placée directement sous le contrôle d&rsquo;une administration toute-puissante et anonyme&nbsp;</em>(?)&nbsp;<em>mais sous la responsabilité conjointe des usagers, des enseignants et des représentants de l&rsquo;administration »</em>, d&rsquo;autant que&nbsp;<em>«&nbsp;</em><em>cette gestion tripartite s&rsquo;étendra à tout le domaine éducatif sans secteur interdit et ne constituera pas une caution pour une gestion de pénurie mais un véritable organisme de concertation et&nbsp;</em>(c&rsquo;est cela le plus important)&nbsp;<em>de&nbsp;<strong>décisions&nbsp;»</strong>,</em> (page 161)<em>.</em></p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;">Dans un chapitre intitulé «&nbsp;<em>Les démolisseurs</em>&nbsp;», il écrit&nbsp;:<br />
<em><strong>«&nbsp;A côté des organisations philosophiques (Union rationaliste, Libre pensée, Grand Orient de France) et des grands partis politiques (Parti Communiste, Parti Socialiste, Parti Radical-Socialiste), qui soutiennent habituellement nos actions, les trois grandes centrales syndicales se trouvaient pour la première fois représentées au colloque. Si la CGT et la CGT-FO avaient toujours fidèlement suivi nos travaux, la présence pour la première fois d’une délégation de la CFDT, menée par Michel Rolant, était à nos yeux à la fois un aboutissement et un signe d’espoir.&nbsp;»</strong> (2).</em></p>
<p style="text-align: justify;">Au moins, les choses sont clairement affirmées.<br />
L’enthousiasme est tel que Jean Cornec ne résiste pas au plaisir de citer <strong>les propos introductifs de Michel Rolant&nbsp;</strong>:<br />
<strong>«&nbsp;</strong><em><strong>La participation au colloque d’une délégation représentative de la CFDT, constituée de représentants de régions et fédérations confédérées et de cinq membres de son bureau national, n’est pas le fait du hasard ni de la conjoncture. Elle témoigne avec éclat de l’intérêt que les travailleurs portent aujourd’hui à la question essentielle de l’Education nationale, de sa crise et de son avenir, et des contributions que le CNAL peut apporter à la solution des problèmes posés&nbsp;»</strong>, </em>(Page 212).</p>
<p style="text-align: justify;">Elle indique surtout que les recommandations épiscopales <em>(cf. Lettre apostolique à Mgr Roy, 1<sup>er</sup> article)</em> sont suivies d’effets immédiats.<br />
Les militants syndicalistes qui prétendent que l’apport de la CFDT est synonyme de «&nbsp;<em>renforcement du camp laïque</em>&nbsp;» et constitue à terme un «&nbsp;<em>plus&nbsp;</em>» pour la «&nbsp;<em>démocratie socialiste</em>&nbsp;» se fourrent le doigt dans l’œil, pour rester poli.</p></div><div class='clear_column'></div>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #993300;">La nouvelle ligne du CNAL&nbsp;: le ralliement à Vatican II</span>.</strong></h3>
<div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;"><strong>Les cléricaux sont exigeants. De leur point de vue, ils n’ont pas tort puisque «&nbsp;ça marche&nbsp;».&nbsp;</strong><strong>D’abord, les exigences du serment de Vincennes passent à la trappe</strong>.<br />
Plus question de se battre pour l’abrogation des lois anti laïques. Plus question de revendiquer des fonds publics exclusivement pour le service public. La priorité nouvelle, c’est désormais la «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;» du service public, préalable à la «&nbsp;<em>nationalisation&nbsp;</em>». Quel en est le contenu&nbsp;?</p>
<p style="text-align: justify;">Jean Cornec nous explique que la «&nbsp;<em>nationalisation&nbsp;</em>» est fondée sur le principe de la <strong>«&nbsp;<em>gestion tripartite</em>&nbsp;»</strong> qui ne devra pas <em>«&nbsp;porter atteinte à l’unité du service public national, seule à même d’assurer la cohérence et l’efficacité de son intervention ainsi que les garanties de qualité et de laïcité</em>.&nbsp;» Jean Cornec ne semble pas y voir de contradiction. D’autant qu’il «&nbsp;revendique&nbsp;», à la suite de la CFDT, l’instauration de <strong>«<em>&nbsp;conseils&nbsp;</em>»</strong> composés&nbsp;:<br />
&#8211; des représentants des pouvoirs publics, des administrations et des collectivités publiques concernées,<br />
&#8211; des représentants des diverses catégories de personnels,<br />
&#8211; des représentants des diverses catégories d’usagers, parents d’élèves, élèves et étudiants, travailleurs, employeurs, publics et privés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’OPA des cléricaux a fonctionné. Il reste à ingurgiter le calice jusqu’à la lie.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 9 décembre 1972, les dirigeants de la <strong>FEN</strong> et du <strong>SNI «&nbsp;autonomes&nbsp;»</strong> défilent à la remorque des chefs de l’Union de la Gauche en construction&nbsp;: Fabre, le «&nbsp;radical&nbsp;», Mitterrand, le «&nbsp;socialiste&nbsp;», Marchais, le «&nbsp;communiste&nbsp;». Tout ce petit monde réclame <span style="color: #000000;"><strong><em>«&nbsp;une autre politique scolaire résolument orientée vers la démocratisation de l’enseignement&nbsp;</em>».</strong></span></p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Le CNAL, instrument de défense de la laïcité de l’école, de la laïcité institutionnelle n’est plus qu’un «&nbsp;bidule&nbsp;» instrumentalisé par la «&nbsp;gauche&nbsp;» politique. Le CNAL est mort</strong></span> (3). Il n’est plus question de dénoncer «&nbsp;<em>le coup d’Etat permanent&nbsp;</em>»&nbsp;; il s’agit maintenant pour la «&nbsp;nouvelle gauche&nbsp;» institutionnelle de s’inscrire dans le cadre de la V<sup>ème </sup>République, d’en respecter les lois et les grands équilibres, et ce faisant, de trouver une juste place dans la future <strong>Europe vaticane</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les instituteurs commencent à déserter les rangs du SNI</strong>.<br />
Le phénomène s’accélère brutalement à compter de mai 1981. C’est plutôt rassurant.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>Jeu de rôle&nbsp;:<br />
</strong>Comme pour se justifier, Jean Cornec écrit : <strong>«&nbsp;<em>La hiérarchie catholique n’hésitait pas à agir au plus haut niveau pour empêcher la rénovation de l’enseignement public</em>&nbsp;»</strong>, (page 223). <strong>Faux.</strong><br />
Certes la «&nbsp;hiérarchie catholique&nbsp;» n’est pas un bloc homogène. &nbsp;Une partie d’entre elle se contenterait de palper, via les lois anti laïques de «&nbsp;droite&nbsp;», puis de «&nbsp;gauche&nbsp;» (accords Lang-Cloupet …) les fonds publics généreusement distribués. Une autre fraction – le courant Vatican II &#8211; est plus ambitieuse et voit dans l’ouverture du «&nbsp;deuxième front&nbsp;» &#8211; la «&nbsp;transformation&nbsp;» du service public &#8211; une opportunité à ne surtout pas manquer.</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>Sur toutes ces questions, on pourra se référer au livre de&nbsp;</em><em><strong>Bernard Hazo :&nbsp;«&nbsp;L’homme qui dit NON&nbsp;»&nbsp;</strong>; plus particulièrement les documents 2, 3 et 4, de la page 167 à la page 172.</em></h6></div><div class='clear_column'></div>
<h3 style="text-align: center;"><strong style="color: #993300; text-align: center;">Acte II. Epinay, les 11, 12, 13 juin 1971.</strong></h3>
<div class='content-column one_half'><p style="text-align: justify;">Le processus d’&nbsp;«&nbsp;<em>unification des socialistes</em>&nbsp;» reste inachevé<strong>. </strong>&nbsp;Le <strong>PSU-CFDT</strong> d’<strong>Edmond Maire</strong> et <strong>Rocard</strong> n’y est pas totalement associe. Rocard fulmine et dénonce à qui mieux-mieux <strong>« l’OPA&nbsp;» de Mitterrand</strong>. Il faudra attendre 1974 et les <strong>« A<em>ssises&nbsp; du socialisme&nbsp;</em>»</strong> pour que Rocard et sa «&nbsp;bande&nbsp;» se rallie au nouveau parti «&nbsp;socialiste&nbsp;». Les haines – pas très catholiques – sont ardentes.<br />
Ces gens-là parlent de «&nbsp;<em>front de classe</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>rupture avec la capitalisme</em>&nbsp;». Tout est permis pour manipuler les militants ouvriers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rassemblement des cléricaux prend forme</strong>.&nbsp;<strong>Mitterrand</strong> déclare devant le congrès d’Epinay&nbsp;:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;</strong><em><strong>Si c’est une fête, moi, cela me plait&nbsp;! Si c’est une cérémonie, c’est déjà ennuyeux. Si c’est un rite, cela se gâte. Si c’est le sentiment que nous sommes pionniers, nous allons pour la première fois depuis 60 ans rassembler&nbsp;: c’est fait, unifier – je le crois – tous les courants profonds du socialisme&nbsp;».</strong><br />
</em>Les courants profonds du socialisme unifié&nbsp;? Ce serait reconstituer la première internationale. C’est exactement l’inverse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;</strong><em><strong>Les courants, je ne veux pas non plus en faire la liste. Je constate pour le moins que les marxistes sont nombreux&nbsp;».</strong> </em>Sans rire …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>Les vrais et les faux</em> …&nbsp;»</strong>&nbsp;On ne saura pas quels sont les vrais, quels sont les faux …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;( … <em>) &nbsp;Qu’il y a une tradition proudhonienne débordante …&nbsp;</em>»</strong><br />
C’est que nos socialistes unifiés parlent de «&nbsp;réformes&nbsp;» de l’entreprise, et même «&nbsp;&nbsp;d’&nbsp;«&nbsp;<em>autogestion&nbsp;»</em> et<em>&nbsp;</em> <strong><em>«&nbsp;que les personnalistes d’Emmanuel Mounier sont, c’est l’occasion de le dire, Dieu soit loué, parmi nous.</em>&nbsp;»</strong> Sans doute pas tous, mais le cadre est posé.</p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;"><span style="text-align: left;"></div></span></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;"><strong>«&nbsp;<em>C’est notre fête à tous qui sommes venus pour bâtir le socialisme</em>&nbsp;»</strong>, celui des gens d’<em>Esprit</em>, celui des «&nbsp;uriagistes&nbsp;» miraculeusement convertis au socialisme «&nbsp;démocratique&nbsp;» réunis autour de M. Beuve-Méry dès la libération.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3369" style="width: 260px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3369" class="wp-image-3369" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques2-300x199.jpg" alt="" width="250" height="165" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques2-300x199.jpg 300w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques2-320x210.jpg 320w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques2.jpg 500w" sizes="auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px" /></a><p id="caption-attachment-3369" class="wp-caption-text">Délégation de la Nièvre&nbsp;: J. Battut, l’ex syndicaliste auprès de F. Mitterrand. (Source&nbsp;: Institut F. Mitterrand. Photo reproduite dans l’ouvrage de J. Battut).</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’ancien secrétaire général de la CFTC, puis de la CFDT,</strong> <strong>Eugène Descamps</strong> <strong>note</strong>&nbsp;:</p>
<p style="text-align: justify;">«&nbsp;<em>En juin dernier, un espoir est né (…) mais ce n’est qu’un début. (…) Après Epinay, de nombreux militants syndicalistes sont entrés au PS, (…) ils ont été intéressés par la volonté de réaliser l’unité de la gauche, en pratiquant avec le PC, sur des objectifs précis, une unité d’actions comparable à celle qui existe entre CGT et CFDT&nbsp;</em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Unité qui prend la forme des «&nbsp;kermesses&nbsp;», manifs «&nbsp;syndicales&nbsp;» sans revendication (4) mais qui sont supposées plaire à la «&nbsp;base&nbsp;». Descamps est un partisan déclaré du «&nbsp;syndicalisme rassemblé&nbsp;». En&nbsp; décembre 1966, il propose une campagne de syndicalisation commune à la CGT. (Source&nbsp;: F. Georgi, <em>«&nbsp;Eugène Descamps, chrétien et socialiste&nbsp;»</em>, page 282).</p></div><div class='clear_column'></div>
<div class='content-column one_half'><h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Il y a toujours deux options&nbsp;: celle de l’intégration à l’appareil d’Etat ou celle de la résistance.</strong></span></h3>
<p><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-3370" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3-223x300.png" alt="" width="250" height="337" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3-223x300.png 223w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3-768x1034.png 768w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3-761x1024.png 761w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques3.png 904w" sizes="auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px" /></a></p></div>
<div class='content-column one_half last_column'><p style="text-align: justify;">Les partisans du programme commun de gouvernement prétendent rassembler «&nbsp;toute la gauche&nbsp;», partis, syndicats, associations … derrière le candidat commun.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espace vital des militants syndicalistes qui – à l’intérieur du nouveau parti &#8211; entendent rester sur le terrain du mouvement ouvrier se rétrécit singulièrement … Il y a ceux qui résistent et ceux qui flanchent.</p>
<p style="text-align: justify;">Un hiérarque du néo parti socialiste note que François Mitterrand, avant d’être un habile manœuvrier, est d’abord un «&nbsp;<em>homme de terrain</em>&nbsp;».</p>
<p style="text-align: justify;">Le témoignage de Jean Battut prouve que Mitterrand n’hésite pas en effet à consacrer des heures de discussions individuelles pour convertir des militants syndicalistes, secrétaires du «&nbsp;très laïque SNI&nbsp;», &nbsp;a priori «&nbsp;ingagnables&nbsp;» à des thèses radicalement en opposition à toutes les traditions du mouvement ouvrier et plus particulièrement à des militants très «&nbsp;sensibles&nbsp;» aux questions laïques.</p></div><div class='clear_column'></div>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>En guise de conclusion provisoire …</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le congrès d’Epinay a marqué des générations de militants</strong>. Beaucoup ont cru, sans doute de bonne foi – sans jeu de mot trop facile – y trouver une solution. D’autres ont été plus lucides. Aujourd’hui, ce parti dit <em>socialiste</em> arrive, semble-t-il, en bout de course.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les militants syndicalistes,</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: justify;">ceux qui ont combattu l’&nbsp;« Europe&nbsp;» de Maastricht,</li>
<li style="text-align: justify;">ceux qui ont voté NON en 2005,</li>
<li style="text-align: justify;">ceux qui ont combattu toutes les contre-réformes de «&nbsp;droite&nbsp;» ou de «&nbsp;gauche&nbsp;»,</li>
<li style="text-align: justify;">ceux qui ont combattu l’austérité de son «&nbsp;excellence&nbsp;» Jacques Delors, de Raymond Barre et de bien d’autres,</li>
<li style="text-align: justify;">ceux qui se battent dans leur syndicat pour préserver les acquis de la grève générale de mai-juin 36 et de la Libération, et ainsi, préparent les conditions de la «&nbsp;reconquête&nbsp;»,</li>
<li style="text-align: justify;">ceux qui, contre les jaunes de la CFDT ont toujours défendu les conquêtes ouvrières, en particulier, la Sécurité sociale, et toutes les autres …,</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">n’iront pas pleurer en souvenir d’un parti qui n’a pas «&nbsp;trahi&nbsp;» les intérêts&nbsp; des salariés – il ne les a jamais défendus &#8211;&nbsp; mais <strong>a toujours joué son rôle fondamental de gardien de l’&nbsp;«&nbsp;ordre&nbsp;» capitaliste que la charte d’Amiens veut mettre à bas.</strong></p>
<p style="text-align: center;">5 avril 2017</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3388" style="width: 150px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques-moisan2.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3388" class="wp-image-3388 size-full" src="http://lp44.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jacques-moisan2.png" alt="" width="140" height="136"></a><p id="caption-attachment-3388" class="wp-caption-text">Jacques Moisan, libre penseur et syndicaliste, retraité de l&rsquo;enseignement</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr>
<p style="text-align: justify;">(1) Un document qui montre bien les chemins tortueux suivis tant bien que mal par des militants honnêtes, mais prisonniers «&nbsp;volontaires&nbsp;» de la nasse de la «&nbsp;<em>deuxième gauche</em>». (300 pages).</p>
<p style="text-align: justify;">(2) Les militants syndicalistes qui appliquent sans sourciller la ligne du PCF figurent parmi les plus ardents défenseurs de l’&nbsp;«&nbsp;ouverture&nbsp;» du CNAL aux néo-cléricaux. Mais ce n’est pas l’objet de ce texte de développer cet aspect du problème.</p>
<p style="text-align: justify;">(3) Les leaders de la FEN engagés dans la «&nbsp;<em>recomposition syndicale</em>» sous la direction de la CFDT se félicitaient de l’adoption par le BN de la CFDT d’un document intitulé&nbsp;: <em>«&nbsp;Pour un service public de l’Education nationale, démocratique et laïque</em>&nbsp;» qui «&nbsp;<em>insistait&nbsp; à la fois sur l’aspect démocratique de ce service dans ses finalités, dans ses méthodes, dans sa gestion (tripartite) et sur son aspect laïque qui n’est pas la neutralité, mais la libre expression des personnes dans leur diversité, favorisant le développement des consciences individuelles</em>&nbsp;». La messe était dite.</p>
<p style="text-align: justify;">(4) Descamps&nbsp;: «&nbsp;<em>dans l’Eglise, on a besoin de cérémonies, de processions, on fait sa communion solennelle. De même, les travailleurs ont besoin de se sentir côte à côte et d’agir collectivement. Je me rappelle le père Frachon</em> (secrétaire général de la CGT<em>) me disant en cours de défilé&nbsp;: </em>ils sont contents de nous voir ainsi, bras dessus, bras dessous». (Source&nbsp;: Hamon et Rotman, <em>la deuxième gauche</em>, page 184). &nbsp;Chapeaux pointus, turlututu … comment dire&nbsp;? Ras le bol … on a déjà donné. Regardons plutôt du côté de nos camarades de la Guyane …</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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