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	<title>Irelp Etudes Recherches &#8211; La Libre Pensée 44</title>
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	<description>Fédération des groupes de la Libre Pensée de  Loire-Atlantique</description>
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	<item>
		<title>120 ans de la loi de 1905 : la télévision d’État contre la science</title>
		<link>https://lp44.fr/120-ans-de-la-loi-de-1905-la-television-detat-contre-la-science/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Dec 2025 08:01:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Loi de séparation Eglises/Etat]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 6 décembre, le mouvement laïque français s’est réuni pour deux événements marquants à l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. La matinée s’est déroulée à la Grande Loge de France et a permis de revenir sur l’histoire de la Séparation, de sa genèse à sa mise à mal par les politiques gouvernementales, <a class="more-link" href="https://lp44.fr/120-ans-de-la-loi-de-1905-la-television-detat-contre-la-science/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<table width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="100%">
<p style="text-align: justify;">Le 6 décembre, le mouvement laïque français s’est réuni pour deux événements marquants à l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. La matinée s’est déroulée à la Grande Loge de France et a permis de revenir sur l’histoire de la Séparation, de sa genèse à sa mise à mal par les politiques gouvernementales, mais aussi sur la diversité des régimes de laïcité réalisés à l’étranger. L’après-midi a réuni les principales organisations de défense des libertés démocratiques, tous les syndicats laïques de ce pays, des organisations de travailleur·es immigré·es et plusieurs militant·es de la cause laïque à travers le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le mouvement libre-penseur s’honore d’avoir apporté son concours à ce grand succès, la cheville ouvrière en fut la Vigie de la Laïcité, avec laquelle l’IRELP a tissé des liens de compagnonnage intellectuel et humain depuis sa fondation. Nous adressons ici nos plus chaleureuses salutations à nos ami·es Valentine Zuber, Nicolas Cadène, Philippe Portier, Jean Baubérot, Jean-Louis Bianco.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les fidèles de la télévision d’État n’auront rien su de cette journée. Comme le signalait Jean Baubérot en clôture de la matinée, France 2 a préféré programmer le 9 décembre au soir un prime time dont le titre seul montre l’ambition falsificatrice : « Laïcité, l’exception française », sous-titré « 120 ans et maintenant ? ». L’emplacement du point d’interrogation veut tout dire : il s’agit d’accréditer le mythe de l’exception laïque française. Ce mythe est pourtant annihilé par la simple lecture du rapport Briand qui servit de cadre aux débats de 1905. Le rapport est nourri par la comparaison internationale, et par l’analyse sans concession des contradictions historiques dans le rapport de l’État aux cultes en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la complexité historique et la comparaison internationale n’intéressent pas la télévision étatique. Celle-ci préfère se complaire dans le dévoiement du sens des mots, et dans une tentative de nationaliser l’universalisme laïque pour en faire un instrument identitaire. La composition du plateau est tout un programme : elle mêle un historien en retraite et militant macroniste, un philosophe de cabinet politique devenu organisateur de faux colloques pour le compte de Jean-Michel Blanquer et des chroniqueurs de la presse conservatrice chrétienne. L’émission a lieu depuis le Panthéon, qualifié pour l’occasion de « Temple de la République », sous la houlette de la présidente des Musées Nationaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une bonne illustration de ce que les universitaires et spécialistes réunis samedi matin ont pointé com-me la grande confusion qui menace aujourd’hui l’héritage de 1905 : sa transformation en un monument national qui sert de pierre de touche à une religion publique néo-gallicane. En d’autres termes : cette émission participe du déploiement d’une idéologie d’État séculariste. Cette entreprise dévoie ce contre quoi les Buisson, Jaurès et Briand se sont battus.</p>
<p style="text-align: justify;">Le succès de l’événement du 6 décembre est le meilleur désaveu que l’on puisse infliger aux propa-gandistes de la télévision d’État : ce jour-là fut un jour dédié à la libre poursuite de la vérité, de toute la vérité, une vérité historique contradictoire et profondément internationale. Nous avons servi la vérité sous les deux modalités que cette action peut prendre : l’investigation scientifique et le combat politique contre la propagande et la régression idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce pacte entre la vérité et l’action politique qui fonde notre conception de la démocratie. Il est aussi la raison d’être de l’IRELP. Ce soir, la télévision d’État a confirmé qu’elle avait choisi son camp : celui d’un culte public, d’une pensée sur ordonnance. Contre tous les marchands de falsifications et de mythes, nous continuerons notre travail, animés par notre certitude : la vérité est toujours révolutionnaire.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Universités, Collège de France : une chape de plomb s’abat sur la recherche en France</title>
		<link>https://lp44.fr/universites-college-de-france-une-chape-de-plomb-sabat-sur-la-recherche-en-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 08:49:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Fédération Nationale LP]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Collège de France a annoncé le 9 novembre la déprogrammation d&#8217;un colloque consacré à l&#8217;histoire de la question palestinienne, sous pression de certains médias et organisations pro-israéliennes. Depuis plusieurs mois, pas une semaine ne s’écoule sans que les autorités officielles et leurs relais médiatiques n’interviennent dans la vie des institutions académiques, pour y imposer <a class="more-link" href="https://lp44.fr/universites-college-de-france-une-chape-de-plomb-sabat-sur-la-recherche-en-france/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="text-align: justify;">Le <strong>Collège de France</strong> a annoncé le 9 novembre la déprogrammation d&rsquo;un colloque consacré à <strong>l&rsquo;histoire de la question palestinienne</strong>, sous pression de certains médias et organisations pro-israéliennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs mois, pas une semaine ne s’écoule sans que les autorités officielles et leurs relais médiatiques n’interviennent dans la vie des institutions académiques, pour y imposer une <strong>chape de plomb sur la pensée</strong>. Souvent, ces interventions consistent à salir des universités, des groupes de recherche ou des personnes en entretenant un i<strong>gnoble soupçon d’antisémitisme</strong> dès lors qu’est programmé un événement un tant soit peu critique envers les exactions génocidaires perpétrées à <strong>Gaza</strong>. À défaut, tout est bon pour raviver le fantasme complotiste d’une<strong> cinquième colonne <em>woke</em> ou « islamo-gauchiste »</strong>. Quand cette stratégie de la tension produit un débordement, une bagarre entre individus mal identifiés voire une descente de nervis, on incrimine les établissements. Ceux-ci sont invités à procéder eux-mêmes à l’annulation ou à <strong>l’interdiction d’activités scientifiques</strong> ou d’événements publics au prétexte que l’ordre public est menacé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La censure est de moins en moins nécessaire : l’autocensure progresse</strong>, et il faut de plus en plus se replier dans les interstices pour continuer à interroger les préjugés racistes, sexistes, pour analyser factuellement des ravages du capitalisme, pour proposer une analyser historique des relations de pouvoir… ou pour mener des recherches scientifiques et techniques impliquant d’accéder à des données qui intéressent les pouvoirs économiques ou militaires. Ce dernier volet de la répression est moins médiatisé que celui qui touche les sciences humaines et sociales, mais il n’est pas moins dangereux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le 9 novembre</strong>, un palier supplémentaire a été franchi : anticipant sans doute une attaque en règle par le <strong>ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche</strong>, l’administrateur du <strong>Collège de France</strong> a déprogrammé un colloque consacré à <strong>l’histoire de la question palestinienne</strong>. On pouvait s’inquiéter des menées contre des événements portés par des structures associatives ; on pouvait s’alarmer de voir tel ou tel historien dénigré en place publique ; ici, on assiste à l’annulation pure et simple d’un événement scientifique faisant partie intégrante des missions de la recherche publique : « <strong>mesdames et messieurs, vous ne penserez pas, vous ne travaillerez pas ! » </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Qui plus est, ce<strong><em> lock down</em> idéologique</strong> frappe l’institution française la plus étroitement liée à la notion d’indépendance de la science : le <strong>Collège de France</strong>, qui a précisément été fondé il y a cinq siècles pour permettre aux savants désireux d’étudier l’histoire et les langues du <strong>Moyen-Orient</strong> de le faire à l’abri de la censure et de l’intimidation par les inquisiteurs. Un exécutif qui se propose de panthéoniser <strong>Marc Bloch</strong> laisse aujourd’hui intimider son établissement par quelques nervis et par une presse aux ordres. Un gouvernement qui n’a que les « principes de la République » à la bouche ne demande qu’à emboîter le pas à <strong>Napoléon le Petit </strong>qui fit taire <strong>Michelet</strong> et <strong>Quinet</strong>. Le symbole est lourd, et il doit réveiller celles et ceux qui se bercent d’illusion sur l’autoritarisme en marche.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><strong>La Fédération nationale de la Libre Pensée et l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée <span style="color: #000000;">adressent leur plus solennel soutien au professeur Henry Laurens, qui se voit traîné dans la boue et empêché de travailler comme il le voudrait par les séides du pouvoir.</span> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><strong>Il est temps de s’unir pour la poursuite de la vérité, pour la liberté des sciences, pour les Lumières. La Libre Pensée prendra sa part à ce rassemblement pour la raison, la critique et la liberté académique. Elle appelle toutes les personnes et organisations partageant ce combat à agir ensemble contre ce nouvel obscurantisme.</strong></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Loi Baptiste</title>
		<link>https://lp44.fr/la-loi-baptiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 08:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Libertés démocratiques]]></category>
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					<description><![CDATA[La loi Baptiste : une loi Debré pour l&#8217;Enseignement supérieur Déclaration de l&#8217;IRELP* Après vingt ans de réformes destructrices, le gouvernement ouvre grand les vannes de la privatisation de l&#8217;enseignement supérieur. L&#8217;IRELP rejoint les défenseurs de l&#8217;Université républicaine et appelle à mettre en échec le projet de Loi Baptiste et à refonder l&#8217;Université publique, gratuite <a class="more-link" href="https://lp44.fr/la-loi-baptiste/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 style="text-align: center;"><strong>La loi Baptiste : une loi Debré pour l&rsquo;Enseignement supérieur</strong></h3>
<p style="text-align: center;"><strong>Déclaration de l&rsquo;IRELP*</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><strong>Après vingt ans de réformes destructrices, le gouvernement ouvre grand les vannes de la privatisation de l&rsquo;enseignement supérieur. L&rsquo;IRELP rejoint les défenseurs de l&rsquo;Université républicaine et appelle à mettre en échec le projet de Loi Baptiste et à refonder l&rsquo;Université publique, gratuite et libre.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le ministère de l&rsquo;enseignement supérieur et de la recherche a dévoilé mi-juin un projet de loi de « Mo-dernisation et régulation de l&rsquo;enseignement supérieur », aussitôt appelé « Loi Baptiste » du nom du ministre. Le texte a depuis été renommé « pour la régulation de l&rsquo;enseignement supérieur privé », mais sans que sa teneur ne change. Or le contenu de ce texte est alarmant et appelle une <strong>mobilisation générale de toutes celles et ceux qui croient en l&rsquo;importance d&rsquo;une Université publique, libre, gratuite, exigeante et indépendante.</strong> Sous couvert de « réguler l&rsquo;enseignement privé », la loi lui confère une reconnaissance inédite, égale à celle dont bénéficie l&rsquo;enseignement public. Mais il ne s&rsquo;agit pas que d&rsquo;octroyer au privé des compétences du public, il s&rsquo;agit aussi de <strong>transformer (« adapter ») l&rsquo;Université elle-même en un acteur privé parmi d&rsquo;autres, en faisant sauter les cadres statutaires nationaux.</strong></p>
<ul style="list-style-type: disc;">
<li style="text-align: justify;"><strong>Le « monopole de la collation des grades », c&rsquo;est-à-dire de la délivrance des diplômes nationaux, est de fait aboli. La loi instaure une accréditation d’État accessible au public comme au privé.</strong> Parcousup avait contribué à mettre les formations privées, souvent indigentes, sur un pied d&rsquo;égalité avec l&rsquo;Université en créant un marché unique de l&rsquo;enseignement supérieur. Les instituts catholiques en sont les premiers bénéficiaires, depuis l&rsquo;accord Kouchner-Ratzinger de 2009.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>L’État pourrait contractualiser ses relations avec les établissements privés accrédités. La loi Baptiste est une « Loi Debré » pour l&rsquo;enseignement supérieur. </strong>Si la loi était adoptée, le secteur privé se verrait bientôt partagé en deux blocs : <strong>un petit groupe « hors contrat » qui proposerait des formations échappant à tout contrôle ; un secteur privé « sous contrat » qui fédérerait les principaux réseaux d&rsquo;enseignement privé, avec une place de choix pour les établissements d&rsquo;inspiration catholique. </strong>Le secteur public serait condamné à la sous-dotation, aux chicanes et aux campagnes hostiles.</li>
<li style="text-align: justify;">L’État entend <strong>contractualiser ses relations avec les établissements d&rsquo;enseignement supérieur publics</strong>, en ne finançant plus les universités que par des « contrats d&rsquo;objectifs, de moyens et de performances » sans dotation fixe. Ce serait la fin de l&rsquo;université entendue comme administration publique dont le budget de fonctionnement repose sur les décisions politiques de la nation. Par ce système de contrats, <strong>le rectorat pourrait intervenir à chaque instant dans la vie démocratique et pédagogique des universités. Ce n&rsquo;est même plus la Loi Debré, c&rsquo;est le retour à la Loi Falloux !</strong></li>
<li style="text-align: justify;"><strong>La loi retire toutes les limites à « l&rsquo;expérimentation statutaire locale ». Elle instaure en fait une indifférenciation entre public et privé</strong>, soit par regroupement d&rsquo;établissements publics et privés, soit en permettant l&rsquo;externalisation administrative de certaines facultés et écoles internes, qui pourraient fonctionner comme des écoles privées tout en appartenant à une université dite publique. Si ce principe était appliqué, <strong>les frais d&rsquo;inscription dérégulés deviendraient la norme, y compris dans les établissements dits publics.</strong></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Cette logique est mâtinée d&rsquo;une territorialisation qui rappelle le projet Savary de 1984, qui prévoyait l&rsquo;indifférenciation statutaire et la constitution de réseaux publics-privés locaux. <strong>La Loi Baptiste, c&rsquo;est l&rsquo;application à l&rsquo;Université de ce dont tous les cléricaux et tous les ennemis de l&rsquo;instruction publique rêvent pour l’École.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La seule structure professionnelle de l&rsquo;enseignement supérieur à avoir donné un satisfecit au ministre est le lobby des établissements privés dits « d&rsquo;intérêt général »</strong>, c&rsquo;est-à-dire les établissements portés par des fondations et associations généralement d&rsquo;inspiration catholique et qui revendiquent de très longue date d&rsquo;être mis sur un pied d&rsquo;égalité avec l&rsquo;Université de la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, le gouvernement entend livrer la connaissance, la science et la technique aux intérêts privés, souvent confessionnels. Mais cette loi est aussi l&rsquo;aboutissement de vingt ans de régression. <strong>On ne saurait défendre le statu quo ni prôner le retour à un « Age d&rsquo;or » marqué par l&rsquo;inégalité et le mandarinat. L&rsquo;heure est venue de renouer avec les principes fondateurs de l&rsquo;idée d&rsquo;Université :</strong></p>
<ul style="list-style-type: disc;">
<li style="text-align: justify;">L&rsquo;Université doit être <strong>strictement gratuite</strong> et financée par le budget de la Nation, avec une dotation à la hauteur des besoins, distribuée de façon <strong>égalitaire et transparente. </strong>Toute forme de frais d&rsquo;inscription, cotisation vie étudiante ou autre doit être abrogée.</li>
<li style="text-align: justify;">Seule l&rsquo;Université de la République doit <strong>coller les grades</strong> reconnus par l’État et les conventions collectives.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>La liberté de l&rsquo;enseignement et de la recherche sont absolues</strong> ; elles  ne peuvent être garanties que par un budget sincère et par l&rsquo;indépendance des universitaires. <strong>Seul l&#8217;emploi statutaire apporte cette indépendance</strong>. Mais d&rsquo;autres garanties sont nécessaires contre les pouvoirs politique, économique et religieux. Cela passe entre autres par la fermeture des facultés concordataires là où elles existent encore, mais aussi par une refonte du financement de l&rsquo;alternance et de la formation continue.</li>
<li style="text-align: justify;">L&rsquo;accès aux formations supérieures doit pouvoir se faire tout au long de la vie. Cela implique des <strong>places d&rsquo;étudiants supplémentaires</strong>, et pour cela, <strong>la création de nouvelles universités</strong>, dotées de résidences étudiantes, réparties sur tout le territoire. C&rsquo;est à cette condition que Parcoursup et MonMaster pourront être fermés. Au-delà, l&rsquo;Université a besoin d&rsquo;un <strong>plan de recrutement</strong> et de titularisation massif, afin de retrouver des <strong>taux d&rsquo;encadrement permettant de maintenir l&rsquo;exigence et la qualité des formations.</strong> Cette ambition démocratique requiert également un droit à la réorientation pour les étudiants qui changeraient de vocation. Enfin, une fraction importante de l&rsquo;argent de la <strong>formation continue</strong> doit être fléchée pour permettre l&rsquo;accès aux formations universitaires aux travailleurs tout au long de leur activité professionnelle.</li>
<li style="text-align: justify;">L&rsquo;accès aux formations supérieures quelle que soit l&rsquo;origine sociale des étudiants implique que la nation consente au versement d&rsquo;une <strong>allocation d&rsquo;autonomie étudiante</strong> d&rsquo;un montant substantiel, qui répond à la fois à une exigence sociale et à un <strong>impératif d&rsquo;émancipation vis-à-vis du milieu familial. </strong>Cet objectif impose également un plan de développement des œuvres universitaires, notamment en matière de logement. Il convient enfin de mettre en œuvre un <strong>prérecrutement </strong>dès le premier cycle dans les métiers stratégiques : enseignement, à rebours de l&rsquo;actuelle réforme du CAPES ; santé ; énergie ; aménagement du territoire&#8230;</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><strong>En conséquence, l&rsquo;IRELP apporte son soutien aux universitaires et aux citoyens engagés pour ce travail de refondation.</strong> </span></p>
<p style="text-align: center;"> <strong>IRELP &#8211;</strong> <em><strong>Lettre d&rsquo;Information</strong></em> <strong>N° 38 &#8211; 6 août 2025</strong></p>



<ul>
<li><a href="https://irelp.fr"><strong>IRELP</strong></a> 
<p style="margin: 0cm; text-align: justify;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: 'Georgia',serif; color: black;">Institut de Recherches et d&rsquo;Etudes de la Libre Pensée</span></p>
<p style="margin: 0cm; text-align: justify;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: 'Georgia',serif; color: black;">Gestionnaire de la Bibliothèque de «Entraide et Solidarité»</span></p>
<p style="margin: 0cm; text-align: justify;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: 'Georgia',serif; color: black;">204, rue du Château des Rentiers 75013 Paris</span></p>
<p style="margin: 0cm; text-align: justify;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: 'Georgia',serif; color: black;"><a href="mailto:irelp@laposte.net"><span style="color: black;">irelp@laposte.net</span></a></span></p>
</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Relire la Révolution Française</title>
		<link>https://lp44.fr/relire-la-revolution-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 14:43:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles d'auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Note de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture  Dans ce nouvel opus, notre ami et camarade Jean-Marc Schiappa réussit un double score : toujours se renouveler sur un sujet qu’il a souvent bien et longuement traité et nous faire vivre ces moments révolutionnaires si intenses, et souvent, selon l’expression populaire « on s’y croirait » vraiment et cela suscite l’intelligence de la réflexion <a class="more-link" href="https://lp44.fr/relire-la-revolution-francaise/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 style="text-align: left;"><strong>Note de lecture </strong></h4>
<table width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="100%">
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouvel opus, notre ami et camarade <strong>Jean-Marc Schiappa</strong> réussit un double score : toujours se renouveler sur un sujet qu’il a souvent bien et longuement traité et nous faire vivre ces moments révolutionnaires si intenses, et souvent, selon l’expression populaire « <em>on s’y croirait</em> » vraiment et cela suscite l’intelligence de la réflexion sur ce qu’il aurait fallu faire, si on avait été de la mêlée. Et rassurons les « <em>âmes inquiètes</em> » s’il y en avait, on parle bien de <strong>Gracchus Babeuf</strong> dans cet ouvrage consistant et prenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est très intéressant est de voir comment, dans une situation chaotique, malgré toutes les contradictions, les avancées et les reculs, on va passer d’un pays qui ploie sous les servitudes et les pesanteurs de <strong>l’Ancien-Régime</strong> à un pays moderne qui va sortir de la nuit. L’auteur indique la situation de départ : 34 généralités ou provinces, 40 gouvernements militaires, 135 diocèses, 13 parlements judiciaires, 5 juridictions diverses de perception de l’impôt sur le sel (<strong>gabelle</strong>)  et la situation d’arrivée : un pays unifié (ce qui n’est pas exactement la même chose que centralisé).</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>État des lieux</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">L’Église possède 10% des terres avec 130 000 religieux et 300 000 nobles. La <strong>nationalisation des biens du Clergé</strong> sera réellement le point de départ de la création d’une nouvelle paysannerie profondément attachée à la terre. Il y a aussi une idée chère à l’auteur, car elle est féconde pour hier et aujourd’hui, c’est la fédération de la Corse à la France et non son appropriation ou son rattachement. Ce n’est nullement d’<em>annexion</em> mais de <em>fédération</em> qu’il s‘agit. Et l’incompréhension de cela est la source de beaucoup de problèmes aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">La question de la représentation politique est fondamentale : il y eut 34 convocations des États-Généraux dont 27 eurent lieux avant 1500 et les derniers en 1614, avant ceux de 1788. Le 9 juillet, l’Assemblée nationale (en fait le <strong>Tiers-État</strong> plus une partie du <strong>Bas-Clergé</strong> et une infime partie de la <strong>Noblesse</strong>) deviendra Constituante. Celle-ci fera une Constitution dont la <em>Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789</em> est la partie la plus importante, car elle porte un coup de hache violent à la Monarchie et à l’Église, qui ne s’en remettront jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">La question des femmes et de leur place dans la société est vraiment traitée sous un jour nouveau, loin des augustes fadaises de la bien-pensance que l’on nous débite à longueur de sornettes, en mettant au jour la vraie problématique : l’exclusion des femmes est d’abord et avant tout sociale, bien avant d’être « <em>sexuelle ou genrée</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le 28 avril 1789, pour la première fois, le cri de « <em><strong>À bas la Calotte !</strong></em> » est lancé, il fera flores ensuite lors des 100 jours pour ne jamais disparaitre de la vie politique, sociale et laïque de la France. La question de la liberté de conscience est aussi abordée à partir de plusieurs entrées différentes, ce qui alimente notre réflexion de <strong>Libres Penseurs</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’immense mérite et effort de <strong>Maximilien Robespierre</strong> fut d’avoir permis l’union des différentes révolutions dans la Révolution et c’est comme cela qu’un bond en avant gigantesque a pu se réaliser. Et quand le Front uni des révolutions s’est brisé, la <strong>Révolution</strong> ira vers son terme. L’auteur met aussi à bas un mythe, celui de la tentative d’assassinat de <em>l’Incorruptible</em> par le gendarme <strong>Merda</strong>, alors qu’en fait, c’est <strong>Robespierre</strong> qui se tira lui-même une balle dans la bouche pour se suicider après son arrestation.</p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Deux questions particulières</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;">Il y a bien des sujets à réfléchir suite à cette lecture, mais je voudrais en traiter deux qui m’ont particulièrement intéressé. Incontestablement, l’économie a trouvé un développement réel dans la sphère de la <strong>Méditerranée</strong> qui a donné une véritable impulsion au <strong>capitalisme naissant</strong>. Mais la fin des <strong>Croisades</strong> et l’expansion de l’<strong>Islam</strong> a interdit que l’Italie devienne le berceau naturel du <strong>Capitalisme</strong> et l’axe de développement s’est retrouvé poussé vers le nord de l’Europe, ce qui modifia grandement les choses et l’Histoire qui allait s’écrire. Il y a là un sujet qui, comme <em>l’Oncle Paul</em> prés de sa cheminée, va sans doute nourrir nos réflexions et travaux prochains avec l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième sujet est la question du <strong>Pouvoir</strong>. L’auteur, à raison, indique que la phrase terrible de <strong>Saint-Just</strong>, le 13 novembre 1792 : « <em>On ne peut régner innocemment</em> » est fondamentale. Cela renvoie à beaucoup de choses comme <strong>Cronstadt</strong>, <strong>Makhno</strong> et les relations, parfois sanglantes, entre <strong>Bolcheviks</strong> et <strong>Anarchistes</strong>. Ce qui débouche naturellement sur la question de la <em>Terreur du Comité de Salut public</em>, qui fut (et cela n’excuse rien) bien moins sanglante que le <em>Terreur Blanche de Thermidor</em>. <strong>Marx</strong> s’interrogeait : « <em>Dans quelle mesure, la Terreur n’était-elle pas l’œuvre de personnes elles-mêmes terrorisées ?</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi une longue réflexion sur la formule : « <em>La Révolution est terminée</em> », ce qui n’a aucun sens pour <strong>Jean-Marc Schiappa</strong>. C’est sans doute pourquoi il termine son livre sur le rappel du <strong>Mouvement des Gilets Jaunes</strong> avec le rappel de deux pancartes significatives, une qui proclamait : « <em>1789, 1968, 2019</em> » et une autre : « <em>Nous avons retrouvé la Fraternité, il nous reste à retrouver la Liberté et l’Égalité</em> ». Avec la <strong>Révolution française</strong>, on est décidément bien loin des arguties pédantes et ignorantes de révolutionnaires de salon et de complaisance : « <em>Gilets Jaunes, chemises brunes</em> ». Il est sûr que l’Histoire s’écrira toujours sans et contre ces incultes incapables de faire quoi que ce soit de positif dans la marée révolutionnaire.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Christian Eyschen</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Relire la Révolution Française</em></strong> par <strong>Jean-Marc Schiappa</strong> – Éditions Fayard – 352 pages – 23 €</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>


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		<title>De la suppression du Hcéres à la reconstruction de la liberté académique</title>
		<link>https://lp44.fr/de-la-suppression-du-hceres-a-la-reconstruction-de-la-liberte-academique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 08:21:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Fédération Nationale LP]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[Déclaration commune ● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée ● de la Fédération nationale de la Libre Pensée Défendre la libre poursuite de la vérité L’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée, en étroite liaison avec la Fédération nationale de la Libre Pensée se veut une interface entre le <a class="more-link" href="https://lp44.fr/de-la-suppression-du-hceres-a-la-reconstruction-de-la-liberte-academique/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 style="text-align: center;">Déclaration commune <br>● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée <br>● de la Fédération nationale de la Libre Pensée</h4>
<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Défendre la libre poursuite de la vérité</strong></span></h5>



<p style="text-align: justify;"><strong>L’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée</strong>, en étroite liaison avec la <strong>Fédération nationale de la Libre Pensée</strong> se veut une interface entre le monde académique et la société civile organisée, au service des libertés démocratiques, avec la quête de la vérité comme boussole, et l’interrogation critique illimitée comme principe. Pour cette raison, l’<strong>IRELP</strong> porte depuis longtemps une attention particulière aux politiques universitaires et scientifiques. Depuis vingt ans au moins, celles-ci portent le sceau d’une dérive bureaucratique et autoritaire contraire à la liberté académique, quand bien même elle se drape souvent dans les oripeaux du rationalisme. Le réel est têtu : il n’y a pas de défense sincère de la science ni de liberté académique quand on soumet l’Université et la recherche à des normes exogènes, qu’il s’agisse des dogmes religieux, des pressions du politique, du secret militaire ou de la captation par des intérêts lucratifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mantras de « <em>l’économie de l’innovation</em> », du « <em>transfert de compétences vers la sphère décisionnelle</em> » et autres « <em>critères d’employabilité immédiate</em> » imposés à l’Université et à la recherche n’ont rien à voir avec <em><strong>les Lumières</strong></em> ni avec l’alliance nouée entre la démocratie et la science. Le rapport strictement instrumental à la science est le propre des bureaucraties autoritaires. Aucune institution ne symbolise mieux cette volonté d’assujettissement à des critères autoritaires que le Haut-Conseil à l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (<strong>HCERES</strong>). Déjà cet automne, lors de la campagne de désignation de sa nouvelle Présidente, <strong>l’Irelp</strong> avait pris position pour sa suppression, comme de larges secteurs du monde académique. Une pétition en ce sens a recueilli plus de 4 000 signatures.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-2486 aligncenter" src="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis-300x86.jpg" alt="" width="300" height="86" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis-300x86.jpg 300w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis.jpg 490w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Le réveil de la communauté académique</strong></span><br /><span style="color: #800000;"><strong>fait vaciller l’ordre établi</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">La défiance légitime du monde académique a atteint ces dernières semaines un niveau paroxystique. Cela est dû aux coupes budgétaires sauvages mal dissimulées derrière l’imposition des douzièmes provisoires aux universités, sous prétexte de loi de finances retardée. Car le budget voté est lui-même un tour de vis. Cela est dû aussi, bien sûr, à l’alerte que représente l’attaque éclair contre l’Université et la recherche aux États-Unis, sur laquelle <a href="https://lp44.fr/les-tronconneuses-contre-la-science/">l’<strong>IRELP</strong>, la FNLP et l’<strong>Association Internationale de la Libre Pensée</strong></a> se sont exprimées. Cela est dû aux velléités du <strong>CNRS</strong> de déclasser arbitrairement 75 % de ses propres laboratoires, un projet qui n’a échoué que grâce à la mobilisation massive des scientifiques. Cela est dû, enfin et peut-être surtout, aux résultats de la dernière vague d’évaluation du <strong>HCERES</strong>, qui se caractérisent par un niveau inédit de violence administrative et de hargne politique contre les facultés formant les étudiantes et étudiants des classes populaires, vendant ainsi la mèche sur ce que tout le monde savait : <strong>Parcoursup</strong>, le <strong>HCERES</strong> et les réformes de la recherche scientifique font système.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier trait saillant de cette vague d’évaluation qui a provoqué l’explosion de la colère universitaire, c’est le caviardage massif et à peine dissimulé des rapports d’évaluation qu’avaient préparés les universitaires membres des comités d’évaluation. La capacité de nuisance du <strong>HCERES</strong> repose en effet sur une présomption de sincérité, qui conduit des universitaires à coopérer de bonne foi aux dispositifs d’évaluation. C’est ce voile qui s’est déchiré, au moment même où une conseillère du Prince prenait la présidence de l’institution : cette fois, les ficelles étaient trop grosses. On peut toujours plaider l’erreur de casting, la brebis galeuse ou l’excès de zèle d’une gratte-papier en roue libre : une institution d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche qui ne prévoit manifestement aucune garantie de probité (c’est un euphémisme) est une institution qui contrevient aux standards de la science qu’elle évalue, et qui doit donc disparaître.</p>



<p style="text-align: justify;">La défiance légitime du monde académique a atteint ces dernières semaines un niveau paroxystique. Cela est dû aux coupes budgétaires sauvages mal dissimulées derrière l’imposition des douzièmes provisoires aux universités, sous prétexte de loi de finances retardée. Car le budget voté est lui-même un tour de vis. Cela est dû aussi, bien sûr, à l’alerte que représente l’attaque éclair contre l’Université et la recherche aux États-Unis, sur laquelle l’<strong>IRELP</strong>, la FNLP et l’<strong>Association Internationale de la Libre Pensée</strong> se sont exprimées. Cela est dû aux velléités du <strong>CNRS</strong> de déclasser arbitrairement 75 % de ses propres laboratoires, un projet qui n’a échoué que grâce à la mobilisation massive des scientifiques. Cela est dû, enfin et peut-être surtout, aux résultats de la dernière vague d’évaluation du <strong>HCERES</strong>, qui se caractérisent par un niveau inédit de violence administrative et de hargne politique contre les facultés formant les étudiantes et étudiants des classes populaires, vendant ainsi la mèche sur ce que tout le monde savait : <strong>Parcoursup</strong>, le <strong>HCERES</strong> et les réformes de la recherche scientifique font système.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier trait saillant de cette vague d’évaluation qui a provoqué l’explosion de la colère universitaire, c’est le caviardage massif et à peine dissimulé des rapports d’évaluation qu’avaient préparés les universitaires membres des comités d’évaluation. La capacité de nuisance du <strong>HCERES</strong> repose en effet sur une présomption de sincérité, qui conduit des universitaires à coopérer de bonne foi aux dispositifs d’évaluation. C’est ce voile qui s’est déchiré, au moment même où une conseillère du Prince prenait la présidence de l’institution : cette fois, les ficelles étaient trop grosses. On peut toujours plaider l’erreur de casting, la brebis galeuse ou l’excès de zèle d’une gratte-papier en roue libre : une institution d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche qui ne prévoit manifestement aucune garantie de probité (c’est un euphémisme) est une institution qui contrevient aux standards de la science qu’elle évalue, et qui doit donc disparaître.</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>L’heure de vérité a sonné</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">Grâce à l’action de quelques députés authentiquement soucieux des libertés académiques, dont notre ami libre-penseur <strong>Arnaud Saint-Martin</strong>, un amendement à la «<em> loi de simplification économique</em> » a été adopté en commission, supprimant le <strong>HCERES</strong>, là où d’autres entendaient supprimer des comités et agences bien plus utiles à la faveur de cette loi supposément anti-bureaucratique. Aussitôt, ce fut le branle-bas de combat. La présidente du <strong>HCERES</strong> se multiplia en interviews, et ceux qui feignaient hier de s’opposer aux dernières évaluations iniques du <strong>HCERES</strong> pour des raisons opportunistes jetèrent aussitôt le masque et multiplièrent les prises de position favorables à la caporalisation de l’Université et de la recherche par une autorité administrative nominalement indépendante.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est significatif de voir que personne n’a recouru aux arguments démagogiques habituels sur les chercheurs qui ne trouvent pas et les universités qui bradent les diplômes : plus personne n’y croit. Mais de ce fait, en creux, c’est le prétexte initial invoqué pour la création du <strong>HCERES</strong> qui est escamoté. Les cris d’orfraie n’ont pas suffi, et la suppression du <strong>HCERES</strong> a été confirmée en plénière ce jeudi 11 avril. La Commission mixte paritaire tranchera, et si elle n’y parvient pas, c’est le texte voté à l’Assemblée qui primera – le <strong>HCERES</strong> aura vécu.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout le monde joue maintenant cartes sur table et reconnaît qu’il n’y a qu’un seul enjeu : <strong>la liberté académique</strong>. Dans un dernier sursaut d’hypocrisie, les jésuites du rationalisme autoritaire nous font le coup du barrage contre l’extrême-droite, feignant de croire que le <strong>HCERES</strong>, avec son indépendance de façade, n’est pas l’instrument rêvé pour une entreprise à la<strong> Elon Musk</strong>. Passons sur le ridicule qu’il y a à affirmer simultanément que le <strong>HCERES</strong> est un rempart redoutable contre un gouvernement autoritaire et à s’exclamer que tout est perdu pour la liberté académique sitôt qu’une commission lui coupe les vivres.</p>
<p style="text-align: justify;">Singulier rempart qu’un simple amendement renverse,<em> a fortiori</em> quand on garde en tête que la <strong>liberté</strong> <strong>académique</strong> est censée figurer dans le <strong>bloc de constitutionnalité</strong> : soit les castors de l’évaluation se moquent du monde, soit ils n’ont aucune considération pour l’assise constitutionnelle des libertés démocratiques. Mais l’un n’exclut pas l’autre, comme on a déjà eu l’occasion de le voir sur d’autres dossiers de défense des libertés démocratiques.</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>S’engager dans la bataille</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">La suppression du<strong> HCERES</strong> est un moment de clarification. Les faux amis de la liberté académique se rangent tous sous la bannière d’une police politique «<em> indépendante</em> » et n’ont pas de mots assez durs contre les « <em>irresponsables</em> ». Les masques les mieux accrochés tombent et révèlent des années de duplicité et de capitulation. <em>A contrario</em>, les indécis de bonne foi entrevoient la possibilité d’une refondation qualitative des normes probatoires de la science mais aussi l’occasion d’instaurer enfin une évaluation transparente des politiques universitaires et scientifiques, dans l’intérêt même de la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">La résignation disparaît. Le mouvement de reconstruction de l’Université et de la recherche grandit de jour en jour. L’<strong>idée d’assises de la refondation académique</strong> circule. Nous verrons quelle forme prendra ce mouvement de réinstitution. D’ores et déjà, nous appelons chacune et chacun à se saisir de ce moment historique. C’en est fini de l’éteignoir qui plongeait l’Université et la recherche dans la nuit : il ne tient qu’à nous de raviver <em><strong>les Lumières</strong></em>.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="text-decoration: underline;">Paris, le 13 avril 2025</span></p>
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