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	<title>AILP &#8211; La Libre Pensée 44</title>
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	<description>Fédération des groupes de la Libre Pensée de  Loire-Atlantique</description>
	<lastBuildDate>Mon, 15 Dec 2025 18:29:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Meeting laïque, unitaire, national et international</title>
		<link>https://lp44.fr/meeting-laique-unitaire-national-et-international-du-6-decembre-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 09:52:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Articles d'auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Libertés démocratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Loi de séparation Eglises/Etat]]></category>
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					<description><![CDATA[Discours de Robert BostonAméricains Unis pour la Séparation &#8211; USA « Nous enseignons au monde » : le déclin et la chute de la vision de l’État laïque de James Madison aux États-Unis James Madison est l&#8217;une des figures les plus importantes de l&#8217;histoire américaine – surtout en ce qui concerne la séparation de l&#8217;Église <a class="more-link" href="https://lp44.fr/meeting-laique-unitaire-national-et-international-du-6-decembre-2025/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 style="text-align: center;">Discours de Robert Boston<br />Américains Unis pour la Séparation &#8211; USA</h3>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>« <em>Nous enseignons au monde</em> » : <br />le déclin et la chute de la vision de l’État laïque de James Madison aux États-Unis</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;"><strong>James Madison</strong> est l&rsquo;une des figures les plus importantes de l&rsquo;histoire américaine – surtout en ce qui concerne la séparation de l&rsquo;Église et de l&rsquo;État et le gouvernement laïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de gens, lorsqu&rsquo;ils pensent à la séparation de la religion et du gouvernement en Amérique, pensent d’abord à <strong>Thomas Jefferson</strong> – et c&rsquo;est approprié. Après tout, Jefferson a rédigé le <strong>Statut de Virginie</strong> pour la liberté religieuse, qui a mis fin au soutien gouvernemental de l&rsquo;Église anglicane en Virginie et garanti la liberté de culte pour tous. Mais nous devons nous rappeler que le Statut de Virginie serait resté de simples mots sur un parchemin si <strong>Madison</strong> ne l&rsquo;avait pas mis à l’ordre du jour de la législature pour lui donner force de loi en 1786.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1802, <strong>Jefferson</strong> parla avec éloquence du Premier Amendement de la Constitution des États-Unis, créant un « <em>mur de séparation entre l&rsquo;Église et l&rsquo;État</em> », mais c&rsquo;est uniquement grâce à <strong>Madison</strong> que nous avons ce Premier Amendement. Madison a intégré les principes du Statut de Virginie – aucune Église officielle et liberté de culte pour tous – dans le Premier Amendement. Madison fut l&rsquo;un des principaux auteurs du Premier Amendement et en fait de l&rsquo;ensemble de la Constitution. En Amérique, il est connu comme le « <strong><em>Père de la Constitution</em></strong> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Madison</strong> savait que participer à la naissance des États-Unis était un accomplissement important, un de ceux qui constitueraient son héritage. Pendant sa retraite, Madison correspondait avec de nombreux amis et associés. Dans une lettre datée du 10 juillet 1822 à <strong>Edward Livingston</strong>, <strong>Madison</strong> observa : « <em>Nous enseignons au monde la grande vérité que les gouvernements se portent mieux sans rois ni nobles qu&rsquo;avec eux. Le mérite sera doublé par l&rsquo;autre leçon, que la religion s&rsquo;épanouit avec une plus grande pureté, sans que ce soit avec l&rsquo;aide du gouvernement</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Les États-Unis étaient encore un pays relativement jeune en 1822. Notre Constitution n&rsquo;était en vigueur que depuis 33 ans. Pourtant, <strong>Madison</strong> n&rsquo;hésita pas à expliquer ce que nous enseignions au monde. Il croyait clairement que notre manière de faire les choses valait la peine d&rsquo;être exportée vers d&rsquo;autres nations.</p>
<p style="text-align: justify;">« <strong><em>Nous enseignons au monde</em></strong>. » Aujourd’hui, je pense souvent aux mots de <strong>Madison</strong>. Du temps de Madison, une jeune nation audacieuse osait dire au monde qu&rsquo;il ne devrait y avoir aucun roi. Elle promouvait l&rsquo;idée radicale de la séparation entre la religion et le gouvernement. C&rsquo;est ce que nous avons enseigné au monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Que sommes-nous en train d&rsquo;apprendre au monde aujourd&rsquo;hui ? Des choses assez différentes, me semble-t-il : que les faits ne signifient rien et peuvent être étirés comme de la pâte à modeler. Que la réalité est définie par ce que dit un prétendant au pouvoir. Que vous n&rsquo;avez pas besoin de croire aux preuves que vous voyez de vos propres yeux – c’est-à-dire, que nous n&rsquo;avons pas besoin de respecter les preuves scientifiques. Que les puissants, la majorité, s&rsquo;attribuent plus de droits que les autres simplement en raison de leur nombre. Que certains Américains sont inférieurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes réunis ici, aujourd&rsquo;hui, pour une occasion solennelle : <strong>célébrer le 120e anniversaire de la laïcité française</strong>. Tout en adressant mes chaleureuses félicitations pour cette étape, je ne peux m&#8217;empêcher de noter une ironie : les États-Unis, qui ont été les pionniers du concept de gouvernement laïque et l&rsquo;ont exporté vers d&rsquo;autres pays, abandonnent rapidement ce principe.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre situation est grave, et il est de mon triste devoir aujourd&rsquo;hui de vous informer que vous ne pouvez plus compter sur les États-Unis pour enseigner au monde la valeur d&rsquo;un gouvernement laïque. Cette leçon devra venir d&rsquo;autres nations, telles que la France.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre situation malheureuse peut être imputée à <strong>Donald Trump</strong>. Lorsque Trump a été élu pour la première fois en 2016, je pensais que c&rsquo;était un coup de chance. Dans notre système compliqué, Trump a réussi à remporter une victoire au Collège électoral alors que la majorité des Américains n&rsquo;avaient pas voté pour lui. Mais en 2024, une majorité a voté pour lui. Ils ont voté pour lui en sachant parfaitement qu&rsquo;il n&rsquo;a absolument aucun respect pour notre démocratie. Ils ont voté pour lui en étant bien conscients qu&rsquo;il avait incité une foule à saccager le Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021. Ils ont voté pour lui en sachant qu&rsquo;il est grossier, intellectuellement limité et dépourvu de la moindre éthique. Ils ont voté pour lui en sachant qu&rsquo;il est un délinquant sexuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est que notre démocratie vacille. Des chars et des soldats armés patrouillent dans nos grandes villes. Les personnes ayant la « mauvaise » couleur de peau – c’est-à-dire noires ou brunes – sont arrachées aux rues par des agents fédéraux masqués et envoyées vers on ne sait où. <strong>Trump</strong> et ses alliés ferment des branches entières du gouvernement fédéral. Les néo-fascistes complotent ouvertement pour truquer les élections et élaborent des plans afin de rester au pouvoir pendant une génération. Les ennemis perçus de Trump sont accusés de crimes fictifs et traînés devant les tribunaux. Pendant ce temps, la Cour suprême reste les bras croisés et ne fait rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux formes de fascisme – et je n&rsquo;hésite pas à utiliser ce terme – affligent notre nation. L&rsquo;une est représentée par une classe de ploutocrates millionnaires/milliardaires qui rechignent à payer des impôts et estiment que notre gouvernement ne devrait, pour l’essentiel, rien faire d&rsquo;autre que rediriger les ressources vers eux. L&rsquo;autre est celle des fascistes théocratiques qui s&rsquo;efforcent de faire de la conception fondamentaliste du christianisme la religion officielle <em>de facto</em> des États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces deux camps se sont unis pour renverser notre démocratie. Les résultats de leurs actions sont faciles à voir : les femmes ont déjà perdu le droit à l&rsquo;avortement légal dans plusieurs États. Les droits des membres de la communauté LGBTQ, en particulier les Américains transgenres, sont progressivement érodés. La discrimination contre les non-chrétiens et les non-croyants est désormais culturellement et légalement acceptée dans de nombreux cas. Des livres sont retirés des bibliothèques publiques, et plusieurs États essaient d&rsquo;imposer des manifestations ouvertement religieuses, y compris d&rsquo;énormes affiches représentant les Dix Commandements, dans nos écoles publiques. Des milliards de dollars sont détournés de nos écoles publiques et transférés vers des écoles religieuses privées qui n&rsquo;ont aucune responsabilité envers le public qui est obligé de les financer.  </p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai passé les derniers mois à parler dans différentes régions des États-Unis, du Colorado et du Texas à l&rsquo;Iowa et au Missouri. Partout où je vais, les gens me demandent : Que pouvons-nous faire ? Le problème est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de réponse facile. Les avantages de la démocratie et d&rsquo;un gouvernement laïque sembleraient aller de soi. Mais si les gens les ont rejetés pour une raison quelconque, ils ne seront pas facilement rétablis.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas sûr de la direction que prend mon pays. Je pensais autrefois que nos normes et traditions démocratiques étaient suffisamment solides pour résister aux défis qu&rsquo;elles affrontent actuellement. Je n&rsquo;y crois plus. Quelque chose doit céder. Mon espoir est que ce que nous traversons en Amérique n&rsquo;implique pas des niveaux massifs de violence et de morts – bien que nous en voyions déjà certains signes. Je ne peux qu&rsquo;espérer que ce qui surgira des cendres indiquera un avenir meilleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce sens, j&rsquo;ai rassemblé quelques réflexions sur ce que nous, aux États-Unis, devons faire – en supposant que nous survivions à cette période actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&rsquo;abord, <strong>nous avons besoin de références explicites à la séparation de la religion et du gouvernement et à un gouvernement laïque dans notre Constitution, y compris les expressions « <em>séparation de l&rsquo;Église et de l&rsquo;État </em>» et « <em>gouvernement laïque</em> »</strong>. Nous avons également besoin d&rsquo;une déclaration claire selon laquelle <strong>nos lois doivent être basées sur des justifications laïques et rationnelles</strong>, ce que la Cour suprême acceptait autrefois mais qu&rsquo;elle a récemment abandonné.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, les États-Unis ont besoin d’un système de protection sociale et de soutien pour ceux qui en ont besoin, qui soit fourni par l’État et non ancré dans des communautés religieuses. Notre aide aux personnes dans le besoin doit être fournie par l’État, et elle doit être laïque.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, <strong>tout soutien des contribuables à l’éducation religieuse doit être supprimé</strong>. Les écoles religieuses ont le droit d’exister, mais elles n’ont pas le droit de contraindre les autres à financer leur entretien. De nombreuses écoles religieuses enseignent des vues incorrectes sur la science et l’histoire. Beaucoup prêchent l’intolérance et s’opposent aux droits fondamentaux des femmes, des minorités religieuses et des membres de la communauté LGBTQ. Beaucoup s’opposent à la démocratie. Il n’est pas dans l’intérêt de l’État de soutenir ces institutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrièmement, notre Constitution doit contenir des protections explicites pour la liberté reproductive, y compris le droit à l&rsquo;avortement légal, et garantir l&rsquo;égalité des droits civils pour les membres de la communauté LGBTQ, y compris le droit de se marier.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquièmement,<strong> toutes les formes de ce que nous appelons en Amérique la « religion civile » doivent prendre fin. Cela signifie mettre fin à l&rsquo;utilisation de « In God We Trust » comme devise nationale, le retirer de la monnaie et supprimer l&rsquo;expression « sous Dieu » du Serment d&rsquo;allégeance</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Sixièmement, <strong>les politiciens doivent cesser de prêcher</strong>. Ce n’est pas leur rôle. Lors d’un événement au Musée de la Bible à Washington, D.C., en septembre, <strong>Trump</strong> a déclaré : « <em>En tant que président, je défendrai toujours l’héritage glorieux de notre nation, et nous protégerons les principes judéo-chrétiens de notre fondation. Nous devons ramener la religion en Amérique – la ramener plus forte que jamais.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un État laïque, aucun politicien ne devrait se fixer pour objectif de « ramener » la religion. Les individus sont tout à fait capables de décider eux-mêmes de la place qu’ils souhaitent accorder à la religion dans leur vie. Quand, si, où et comment nous pratiquons notre culte ne regardent en rien le gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, nous devons remettre en question l’idée, courante en Amérique, selon laquelle la religion mérite un traitement spécial. De nombreuses religions prêchent l’intolérance ; certaines justifient même la violence contre ceux qui croient différemment. Bien que l’État doive respecter la liberté de conscience, il n’a pas à rester silencieux lorsque des expressions de foi cherchent à enlever les droits des autres ou causent du tort à des individus spécifiques ou à la société dans son ensemble.  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aux États-Unis, nous apprenons à nos dépens ce qui peut arriver lorsque des groupes religieux se déclarent au-dessus des lois</strong>. Pendant la pandémie de COVID-19, certaines maisons de culte ont refusé de respecter des réglementations conçues pour protéger tout le monde. Lorsque les vaccins sont devenus disponibles, elles ont adopté des théories du complot absurdes et ont combattu des mesures de santé publique vitales.</p>
<p style="text-align: justify;">Considérez également l&rsquo;assaut contre notre Capitole le 6 janvier 2021. Si vous regardez des images de cet événement, vous remarquerez une chose intéressante : beaucoup de membres de la foule agitaient des croix ou brandissaient des Bibles. Leurs croyances religieuses extrêmes les ont amenés à adopter la violence et à défendre le chaos. Présentés avec une théorie du complot ridicule – selon laquelle l&rsquo;élection de 2020 avait été volée à Trump – ils manquaient des outils intellectuels pour traiter l&rsquo;information et parvenir à la vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est, peut-être, le plus grand défi auquel l&rsquo;Amérique est confrontée en ce moment : un nombre considérable de nos citoyens manquent de capacités intellectuelles suffisantes pour se prémunir contre les absurdités. Et beaucoup de ces citoyens sont des extrémistes religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré mon pessimisme, je garde espoir en l&rsquo;avenir, car je connais un peu l&rsquo;histoire et je sais que les tyrans ne règnent souvent pas éternellement. Ils finissent inévitablement par tomber.</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre ans seulement avant que <strong>Madison</strong> n&rsquo;écrive sur l&rsquo;enseignement au monde, Percy Bysshe Shelley composait le poème « <em>Ozymandias</em> », dans lequel « <em>un voyageur venu d&rsquo;un pays antique</em> » raconte ce qu&rsquo;il a vu dans un désert oublié : un monument tombé – « <em>deux jambes de pierre immenses et sans tronc</em> » – accompagné d&rsquo;un avertissement à tous : « <em>Contemplez mes œuvres, ô puissants, et désespérez</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-moi, il y a des jours où beaucoup d&rsquo;entre nous, en Amérique, regardent les œuvres de l&rsquo;administration actuelle et ne peuvent que ressentir du désespoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais rappelons-nous le contexte du poème de <strong>Shelley</strong>. La statue du tyran, qui était si sûr de régner éternellement, est retrouvée, comme nous le dit Shelley, à moitié enfouie dans le sable dans un coin obscur – « <em>Il ne reste rien d&rsquo;autre</em> », écrit Shelley. « <em>Autour de la ruine colossale, sans limite et nue, s&rsquo;étend à perte de vue le sable solitaire et plat</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Les tyrans tombent. Leurs œuvres, leurs monuments grandioses – et leurs mensonges – finissent par s&rsquo;effondrer ou sont démolis.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en voyons actuellement les signes aux États-Unis. La cote de popularité de <strong>Trump</strong> est au plus bas et ne devrait que se détériorer à mesure que les Américains ressentent les effets néfastes de sa politique économique inepte. Des manifestations éclatent dans tout le pays. Des millions de personnes y ont pris part, moi y compris.</p>
<p style="text-align: justify;">La destruction métaphorique de l&rsquo;édifice honteux construit par l&rsquo;escroc qui siège à la Maison-Blanche et ses acolytes aura lieu, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une question de temps. Je me sens frustré quand je pense que 38 ans de mon travail ont été anéantis par un homme d&rsquo;une telle médiocrité et d&rsquo;une culture inexistante. Mais je me souviens alors de deux choses : premièrement, <strong>Trump</strong> n&rsquo;a pas agi seul. Il a été soutenu par des personnes riches et puissantes, bien plus intelligentes que lui, qui veulent modifier fondamentalement ce qu&rsquo;est mon pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, je me souviens que <strong>défendre un principe constitutionnel important comme la séparation de l&rsquo;Église et de l&rsquo;État</strong> n’est jamais un fardeau. En fait, c&rsquo;est un honneur, c&rsquo;est un privilège. J&rsquo;ai eu la chance de le faire pendant si longtemps. Il existe des façons bien moins pleines de sens de passer sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je tiens à être clair sur un point : au cours de mon parcours, le soutien d&rsquo;amis comme vous, membres de la communauté internationale, a été inestimable, et je vous en remercie. Je vous ai souvent côtoyés ici à Paris au cours des 23 dernières années. Il m&rsquo;est arrivé, après nos réunions, de me demander : « <em>Dois-je vraiment y retourner ?</em> » Mais je me suis alors souvenu que l&rsquo;Amérique n&rsquo;appartient pas à Donald <strong>Trump</strong>, aux ploutocrates ou aux extrémistes religieux qui l&rsquo;ont élevé au-dessus du Jésus qu&rsquo;ils prétendent suivre. L&rsquo;Amérique est une idée. Une bonne idée. Une idée qui vaut la peine d&rsquo;être défendue.<br /><br />À l&rsquo;heure actuelle, une bande de personnes mesquines, malveillantes et malfaisantes tient l&rsquo;Amérique dans un étau mortel et espère l&rsquo;étrangler jusque à ce que mort s&rsquo;ensuive. Les honnêtes citoyens américains leur arracheront les mains. Et une fois que nous y serons parvenus, nous nous attellerons à la difficile tâche de reconstruire notre démocratie, notamment en consacrant le caractère laïque de l&rsquo;État.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais alors que je m&rsquo;adresse à vous aujourd&rsquo;hui, conscient de la réalité à laquelle nous sommes confrontés aux États-Unis, j&rsquo;ai une tâche qui n&rsquo;est pas agréable, mais qui est nécessaire : puisque les États-Unis abandonnent leur rôle de soutien et de défenseur d&rsquo;un gouvernement laïque, il est important que d&rsquo;autres nations prennent le relais et assument ce rôle. Ceux d&rsquo;entre vous qui représentent des pays où le gouvernement laïque est protégé – et je m&rsquo;adresse en particulier à vous, mes amis français – doivent défendre avec audace et sans s’excuser les principes de l&rsquo;État laïque. Et quel moment idéal pour nous consacrer à nouveau à ce principe essentiel alors que nous nous réunissons dans cette belle ville pour célébrer les 120 ans de la laïcité française.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez votre mission. Maintenant, mes amis, allez de l&rsquo;avant et, dans l&rsquo;esprit de James Madison, enseignez au monde entier.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Robert Boston</strong><br /><strong>Conseiller principal</strong><br /><strong>Membre de la rédaction du mensuel <em>Church &amp; State<br /></em>American United for Separation of Church and State</strong></p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la suppression du Hcéres à la reconstruction de la liberté académique</title>
		<link>https://lp44.fr/de-la-suppression-du-hceres-a-la-reconstruction-de-la-liberte-academique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 08:21:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Fédération Nationale LP]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[Déclaration commune ● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée ● de la Fédération nationale de la Libre Pensée Défendre la libre poursuite de la vérité L’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée, en étroite liaison avec la Fédération nationale de la Libre Pensée se veut une interface entre le <a class="more-link" href="https://lp44.fr/de-la-suppression-du-hceres-a-la-reconstruction-de-la-liberte-academique/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 style="text-align: center;">Déclaration commune <br>● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée <br>● de la Fédération nationale de la Libre Pensée</h4>
<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Défendre la libre poursuite de la vérité</strong></span></h5>



<p style="text-align: justify;"><strong>L’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée</strong>, en étroite liaison avec la <strong>Fédération nationale de la Libre Pensée</strong> se veut une interface entre le monde académique et la société civile organisée, au service des libertés démocratiques, avec la quête de la vérité comme boussole, et l’interrogation critique illimitée comme principe. Pour cette raison, l’<strong>IRELP</strong> porte depuis longtemps une attention particulière aux politiques universitaires et scientifiques. Depuis vingt ans au moins, celles-ci portent le sceau d’une dérive bureaucratique et autoritaire contraire à la liberté académique, quand bien même elle se drape souvent dans les oripeaux du rationalisme. Le réel est têtu : il n’y a pas de défense sincère de la science ni de liberté académique quand on soumet l’Université et la recherche à des normes exogènes, qu’il s’agisse des dogmes religieux, des pressions du politique, du secret militaire ou de la captation par des intérêts lucratifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mantras de « <em>l’économie de l’innovation</em> », du « <em>transfert de compétences vers la sphère décisionnelle</em> » et autres « <em>critères d’employabilité immédiate</em> » imposés à l’Université et à la recherche n’ont rien à voir avec <em><strong>les Lumières</strong></em> ni avec l’alliance nouée entre la démocratie et la science. Le rapport strictement instrumental à la science est le propre des bureaucraties autoritaires. Aucune institution ne symbolise mieux cette volonté d’assujettissement à des critères autoritaires que le Haut-Conseil à l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (<strong>HCERES</strong>). Déjà cet automne, lors de la campagne de désignation de sa nouvelle Présidente, <strong>l’Irelp</strong> avait pris position pour sa suppression, comme de larges secteurs du monde académique. Une pétition en ce sens a recueilli plus de 4 000 signatures.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-2486 aligncenter" src="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis-300x86.jpg" alt="" width="300" height="86" srcset="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis-300x86.jpg 300w, https://lp44.fr/wp-content/uploads/2016/05/patchwork_bis.jpg 490w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>Le réveil de la communauté académique</strong></span><br /><span style="color: #800000;"><strong>fait vaciller l’ordre établi</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">La défiance légitime du monde académique a atteint ces dernières semaines un niveau paroxystique. Cela est dû aux coupes budgétaires sauvages mal dissimulées derrière l’imposition des douzièmes provisoires aux universités, sous prétexte de loi de finances retardée. Car le budget voté est lui-même un tour de vis. Cela est dû aussi, bien sûr, à l’alerte que représente l’attaque éclair contre l’Université et la recherche aux États-Unis, sur laquelle <a href="https://lp44.fr/les-tronconneuses-contre-la-science/">l’<strong>IRELP</strong>, la FNLP et l’<strong>Association Internationale de la Libre Pensée</strong></a> se sont exprimées. Cela est dû aux velléités du <strong>CNRS</strong> de déclasser arbitrairement 75 % de ses propres laboratoires, un projet qui n’a échoué que grâce à la mobilisation massive des scientifiques. Cela est dû, enfin et peut-être surtout, aux résultats de la dernière vague d’évaluation du <strong>HCERES</strong>, qui se caractérisent par un niveau inédit de violence administrative et de hargne politique contre les facultés formant les étudiantes et étudiants des classes populaires, vendant ainsi la mèche sur ce que tout le monde savait : <strong>Parcoursup</strong>, le <strong>HCERES</strong> et les réformes de la recherche scientifique font système.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier trait saillant de cette vague d’évaluation qui a provoqué l’explosion de la colère universitaire, c’est le caviardage massif et à peine dissimulé des rapports d’évaluation qu’avaient préparés les universitaires membres des comités d’évaluation. La capacité de nuisance du <strong>HCERES</strong> repose en effet sur une présomption de sincérité, qui conduit des universitaires à coopérer de bonne foi aux dispositifs d’évaluation. C’est ce voile qui s’est déchiré, au moment même où une conseillère du Prince prenait la présidence de l’institution : cette fois, les ficelles étaient trop grosses. On peut toujours plaider l’erreur de casting, la brebis galeuse ou l’excès de zèle d’une gratte-papier en roue libre : une institution d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche qui ne prévoit manifestement aucune garantie de probité (c’est un euphémisme) est une institution qui contrevient aux standards de la science qu’elle évalue, et qui doit donc disparaître.</p>



<p style="text-align: justify;">La défiance légitime du monde académique a atteint ces dernières semaines un niveau paroxystique. Cela est dû aux coupes budgétaires sauvages mal dissimulées derrière l’imposition des douzièmes provisoires aux universités, sous prétexte de loi de finances retardée. Car le budget voté est lui-même un tour de vis. Cela est dû aussi, bien sûr, à l’alerte que représente l’attaque éclair contre l’Université et la recherche aux États-Unis, sur laquelle l’<strong>IRELP</strong>, la FNLP et l’<strong>Association Internationale de la Libre Pensée</strong> se sont exprimées. Cela est dû aux velléités du <strong>CNRS</strong> de déclasser arbitrairement 75 % de ses propres laboratoires, un projet qui n’a échoué que grâce à la mobilisation massive des scientifiques. Cela est dû, enfin et peut-être surtout, aux résultats de la dernière vague d’évaluation du <strong>HCERES</strong>, qui se caractérisent par un niveau inédit de violence administrative et de hargne politique contre les facultés formant les étudiantes et étudiants des classes populaires, vendant ainsi la mèche sur ce que tout le monde savait : <strong>Parcoursup</strong>, le <strong>HCERES</strong> et les réformes de la recherche scientifique font système.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier trait saillant de cette vague d’évaluation qui a provoqué l’explosion de la colère universitaire, c’est le caviardage massif et à peine dissimulé des rapports d’évaluation qu’avaient préparés les universitaires membres des comités d’évaluation. La capacité de nuisance du <strong>HCERES</strong> repose en effet sur une présomption de sincérité, qui conduit des universitaires à coopérer de bonne foi aux dispositifs d’évaluation. C’est ce voile qui s’est déchiré, au moment même où une conseillère du Prince prenait la présidence de l’institution : cette fois, les ficelles étaient trop grosses. On peut toujours plaider l’erreur de casting, la brebis galeuse ou l’excès de zèle d’une gratte-papier en roue libre : une institution d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche qui ne prévoit manifestement aucune garantie de probité (c’est un euphémisme) est une institution qui contrevient aux standards de la science qu’elle évalue, et qui doit donc disparaître.</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>L’heure de vérité a sonné</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">Grâce à l’action de quelques députés authentiquement soucieux des libertés académiques, dont notre ami libre-penseur <strong>Arnaud Saint-Martin</strong>, un amendement à la «<em> loi de simplification économique</em> » a été adopté en commission, supprimant le <strong>HCERES</strong>, là où d’autres entendaient supprimer des comités et agences bien plus utiles à la faveur de cette loi supposément anti-bureaucratique. Aussitôt, ce fut le branle-bas de combat. La présidente du <strong>HCERES</strong> se multiplia en interviews, et ceux qui feignaient hier de s’opposer aux dernières évaluations iniques du <strong>HCERES</strong> pour des raisons opportunistes jetèrent aussitôt le masque et multiplièrent les prises de position favorables à la caporalisation de l’Université et de la recherche par une autorité administrative nominalement indépendante.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est significatif de voir que personne n’a recouru aux arguments démagogiques habituels sur les chercheurs qui ne trouvent pas et les universités qui bradent les diplômes : plus personne n’y croit. Mais de ce fait, en creux, c’est le prétexte initial invoqué pour la création du <strong>HCERES</strong> qui est escamoté. Les cris d’orfraie n’ont pas suffi, et la suppression du <strong>HCERES</strong> a été confirmée en plénière ce jeudi 11 avril. La Commission mixte paritaire tranchera, et si elle n’y parvient pas, c’est le texte voté à l’Assemblée qui primera – le <strong>HCERES</strong> aura vécu.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout le monde joue maintenant cartes sur table et reconnaît qu’il n’y a qu’un seul enjeu : <strong>la liberté académique</strong>. Dans un dernier sursaut d’hypocrisie, les jésuites du rationalisme autoritaire nous font le coup du barrage contre l’extrême-droite, feignant de croire que le <strong>HCERES</strong>, avec son indépendance de façade, n’est pas l’instrument rêvé pour une entreprise à la<strong> Elon Musk</strong>. Passons sur le ridicule qu’il y a à affirmer simultanément que le <strong>HCERES</strong> est un rempart redoutable contre un gouvernement autoritaire et à s’exclamer que tout est perdu pour la liberté académique sitôt qu’une commission lui coupe les vivres.</p>
<p style="text-align: justify;">Singulier rempart qu’un simple amendement renverse,<em> a fortiori</em> quand on garde en tête que la <strong>liberté</strong> <strong>académique</strong> est censée figurer dans le <strong>bloc de constitutionnalité</strong> : soit les castors de l’évaluation se moquent du monde, soit ils n’ont aucune considération pour l’assise constitutionnelle des libertés démocratiques. Mais l’un n’exclut pas l’autre, comme on a déjà eu l’occasion de le voir sur d’autres dossiers de défense des libertés démocratiques.</p>
<h4 style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>S’engager dans la bataille</strong></span></h4>
<p style="text-align: justify;">La suppression du<strong> HCERES</strong> est un moment de clarification. Les faux amis de la liberté académique se rangent tous sous la bannière d’une police politique «<em> indépendante</em> » et n’ont pas de mots assez durs contre les « <em>irresponsables</em> ». Les masques les mieux accrochés tombent et révèlent des années de duplicité et de capitulation. <em>A contrario</em>, les indécis de bonne foi entrevoient la possibilité d’une refondation qualitative des normes probatoires de la science mais aussi l’occasion d’instaurer enfin une évaluation transparente des politiques universitaires et scientifiques, dans l’intérêt même de la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">La résignation disparaît. Le mouvement de reconstruction de l’Université et de la recherche grandit de jour en jour. L’<strong>idée d’assises de la refondation académique</strong> circule. Nous verrons quelle forme prendra ce mouvement de réinstitution. D’ores et déjà, nous appelons chacune et chacun à se saisir de ce moment historique. C’en est fini de l’éteignoir qui plongeait l’Université et la recherche dans la nuit : il ne tient qu’à nous de raviver <em><strong>les Lumières</strong></em>.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="text-decoration: underline;">Paris, le 13 avril 2025</span></p>
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		<title>Les tronçonneuses contre la science</title>
		<link>https://lp44.fr/les-tronconneuses-contre-la-science/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eole]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Feb 2025 16:38:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Fédération Nationale LP]]></category>
		<category><![CDATA[Irelp Etudes Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[Déclaration commune● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée● de la Fédération nationale de la Libre Pensée● de l’Association internationale de la Libre Pensée Un vent mauvais souffle sur la liberté de l’enseignement et de la recherche. Aux États-Unis, Donald Trump et ses alliés, au premier rang desquels Elon Musk, supposé héraut <a class="more-link" href="https://lp44.fr/les-tronconneuses-contre-la-science/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Déclaration commune</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>● de l’Institut de Recherches et d’Études de la Libre Pensée</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>● de la Fédération nationale de la Libre Pensée</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>● de l’Association internationale de la Libre Pensée</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;">Un vent mauvais souffle sur la liberté de l’enseignement et de la recherche. Aux <strong>États-Unis</strong>, <br /><strong>Donald Trump</strong> et ses alliés, au premier rang desquels <strong>Elon Musk</strong>, supposé héraut du <br />rationalisme et de la liberté d’expression, se sont lancés dans une <strong>croisade contre les libertés </strong><br /><strong>académiques</strong> : intimidation, diffamation, définancements massifs, licenciements sont à l’ordre du <br />jour, tant dans les universités que dans les laboratoires, tant contre les sciences sociales que contre <br />la recherche biomédicale. En<strong> Argentine</strong>, la tronçonneuse de Javier <strong>Milei</strong> s’apprête à couper net la <br />majorité des universités du pays, punies pour leur supposée hostilité au régime et vouées à la <br />faillite si les provinces du pays n’acceptent pas de les reprendre sous leur houlette.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’<strong>Atlantique</strong> n’arrête pas ce vent : en <strong>Angleterre</strong> et au <strong>Pays de Galles</strong>, une crise <br />budgétaire délibérément provoquée par les politiques gouvernementales met à genoux les <br />universités du pays, qui devront se livrer plus encore à des donneurs d’ordre privés, rehausser <br />encore un peu plus leurs frais d’inscription déjà prohibitifs, et fermer les départements dont les <br />productions scientifiques ne peuvent pas être captées par les intérêts particuliers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le définancement des universités est une attaque contre la liberté académique</strong>, dont <br />l’exercice suppose une indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, financiers et religieux, avec <br />les garanties budgétaires que cela implique. En<strong> France</strong>, la situation n’est pas meilleure : la <br />France a connu vingt années de <strong>définancement</strong>, vingt années aussi de <strong>coup d’État bureaucratique </strong><br /><strong>permanent</strong>, d’assujettissement à des standards statistiques conçus par des technocrates ignorant <br />tout de la production et de la transmission des connaissances.</p>
<h4><span style="color: #993300;"><strong>Macron contre la liberté académique</strong></span></h4>
<p>Depuis cinq ans, cette campagne d’étranglement s’accompagne d’une guerre médiatique contre <br />ceux qu’<strong>Emmanuel Macron</strong> qualifiait en juin 2020 « d’universitaires coupables » qui « cassent la <br />République en deux » : la science, c’est l’anti-France. <span style="color: #993300;"><strong>Dès 2020, la Libre Pensée a dénoncé cette </strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>chasse aux sorcières digne des croisades de l’entre-deux-guerres contre le « bolchévisme </strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>culturel ».</strong></span></p>
<p>Les ministres <strong>Jean-Michel Blanquer</strong> et <strong>Frédérique Vidal</strong> ont largement repris cette <br />antienne, relayée sur les chaînes d’information en continue par divers éditorialistes cléricaux ainsi <br />que par quelques renégats de l’universalisme, promouvant un athéisme bourgeois, autoritaire et <br />fermé à la contradiction : un athéisme contre la science. En leur temps, la Libre Pensée avait <br />expressément dénoncé cette chasse aux sorcières.</p>
<p>La situation dure et s’aggrave au point que de nombreux universitaires sont aujourd’hui <br />intimidés et menacés par des groupuscules chauffés à blanc par cette rhétorique anti-académique. <br />La dernière affaire en date, en <strong>février 2025</strong>, a vu une universitaire de <strong>Toulon (Var)</strong> bénéficier de la <br />protection fonctionnelle de son université face aux menaces de nervis d’extrême-droite, tandis que <br />le gouvernement se refuse à intervenir pour défendre ses fonctionnaires.</p>
<h4><span style="color: #993300;"><strong>Science et rationalité, au cœur de la crise démocratique</strong></span></h4>
<p>Telles Trump, <strong>Musk</strong> ou <strong>Milei</strong>, les classes dirigeantes françaises, radicalisées dans leur <br />logique de guerre, s’épanchent à longueur de journées contre la science et contre la liberté <br />académique. L’idée même que la dispute argumentée puisse être soumise à d’autres normes que <br />celle d’un <em>clash</em> sur les réseaux sociaux est une menace pour leur mainmise. Nous avons déjà <br />expliqué qu’en France en particulier, le <strong>césarisme électif</strong> connaît aujourd’hui une période de crise <br />paroxystique, dont il tente de s’extraire par la radicalisation – ce qui vaut à la France de <br /><strong>nombreuses mises en garde contre la restriction des libertés publiques</strong>.<br /><br />Cette crise paroxystique va de pair avec un <strong>réveil démocratique</strong> et l’avènement d’une <br /><strong>nouvelle culture politique</strong>, dont la gestation se nourrit des savoirs partagés, remis en débat, <br />interrogés ; elle se nourrit aussi de la volonté de décider librement, c’est-à-dire en se faisant son <br />idée par soi-même, par <strong>l’information</strong>, <strong>l’éducation</strong>, <strong>la méthode</strong>. Pour le dire autrement : elle se <br />nourrit du <strong>libre examen</strong> et d’une démarche libre-penseuse (qu’elle ne se définisse pas toujours <br />dans ces termes ne change pas grand-chose à l’affaire).<br /><br />Cette démarche tâtonnante reproduit à l’échelle individuelle celle de la recherche <br />scientifique ; la recherche scientifique, en retour, peut nourrir le nouvel espace public <br />démocratique en gestation. Elle peut le nourrir de contenus, elle peut le nourrir d’une méthode, <br />elle peut enfin le nourrir d’un courage : <strong>le courage de douter</strong>,<strong> d’écouter</strong>, <strong>de partager</strong>. <span style="color: #993300;"><strong>La Libre </strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>Pensée est l’organisation qui promeut ce courage, et qui défend l’idée qu’il y a un pacte entre la </strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>démocratie et la science</strong></span>. Sans ce pacte, il n’y a pas de liberté académique. Non seulement la <br />science peut concourir au renouveau démocratique, mais elle le doit. La république des savants est <br />la répétition générale de la démocratie réelle. Mais elle en est aussi la condition préalable, et c’est <br />bien cela qui lui vaut la vindicte de tous les<strong> Jupiters</strong> de la finance.<br /><br /><strong>La Libre Pensée a payé assez cher pour le savoir : l’interrogation critique illimitée est </strong><br /><strong>odieuse à tous les pouvoirs tentés par l’absolutisme</strong>. Aucune caste engagée dans une fuite en <br />avant autoritaire ne supportera l’idée d’une quête lente, inquiète, contradictoire et pluraliste par <br />laquelle cheminent des gens que ne relient aucun intérêt immédiat, si ce n’est la poursuite de la <br />vérité.</p>
<h4><span style="color: #993300;"><strong>La guerre française contre l’Université et la recherche</strong></span></h4>
<p>La nouvelle vague de <strong>prédation de l’État</strong> français par les intérêts privés s’est accompagnée <br />d’un tour de vis bureaucratique, qui noie les citoyens et les agents publics sous une montagne de <br />formalités et de dispositifs normatifs étrangers aux missions d’intérêt général que les services <br />publics doivent accomplir. Que cet assujettissement à des normes absurdes se fasse généralement <br />au nom de la simplification ajoute une dose supplémentaire de cynisme à cette potion déjà <br />fortement antidémocratique. Cela est vrai de tous les services publics français, mais à part <br />l’hôpital, aucun n’est allé aussi loin dans le mélange de dérégulation et d’hyperbureaucratisation <br />que le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.<br /><br />Depuis vingt ans, étape par étape, la prédation de l’université et de la recherche par les <br />intérêts financiers avance : dans le rêve des « réformateurs », une majorité d’universités <br />paupérisées, délabrées et saturées accueilleront le rebut des écoles privées lucratives appartenant à <br />de grands groupes dirigés – qui s’en étonnera encore ? – par d’anciens ministres et autres recteurs. <br />Dans le même temps, quelques universités d’excellence formeront des « clusters » « innovants » et <br />« compétitifs » capables de vendre leurs diplômes à prix d’or sur un marché des frais d’inscription <br />dérégulés, tout en multipliant les partenariats scientifiques avec le secteur industriel.<br /><br />Dans un tel programme, il n’y a pas de place pour le principe de coopération et d’ouverture <br />qui sous-tend l’exercice de la liberté académique. Il n’y a pas de place non plus pour une <br />institution-clef de la politique scientifique de la <strong>République</strong> : le <strong>CNRS</strong>, qui est aujourd’hui, en <br />partie contre la volonté de ses dirigeants, le principal trait d’union entre des universités que tout <br />doit opposer.<br /><br />C’est à cette aune qu’il faut comprendre le <em>salto mortale</em> de la direction du <strong>CNRS</strong>, qui a tenté <br />d’imposer la scission de ses activités entre un secteur définancé, représentant 75 % des <br />laboratoires, et un secteur d’élite, les <em><strong>keylabs</strong></em> (25% de l’ensemble), gardant l’accès aux subsides du <br />CNRS. La mobilisation des scientifiques et universitaires a été suffisamment forte pour <br />contraindre les « réformateurs » à une pause tactique, un « <strong>moratoire</strong> », destiné à leur offrir la <br />possibilité de diviser les opposants en retournant certains d’entre eux. Les efforts du <br />gouvernement devraient se concentrer sur les <strong>présidences</strong> des <strong>grands centres universitaires de </strong><br /><strong>province</strong>, qu’on achètera en leur promettant quelques <em>keylabs</em> de plus, qu’il sera toujours temps de <br />leur reprendre dans quelques années.</p>
<p>Nul n’est dupe, et nul ne doit l’être. Par ce recul tactique, le combat pour la liberté <br />académique vient de remporter une première victoire symbolique, qu’il faut maintenant convertir <br />en victoire politique réelle :</p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Abandon définitif des projets de démantèlement du CNRS !</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>Abrogation des lois anti-académiques de 2007, 2013 et 2020 !</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>Liberté pour la recherche ! Liberté pour l’université !</strong></span><br /><span style="color: #993300;"><strong>Solidarité internationale avec les scientifiques menacés !</strong></span></h3>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter wp-image-599" src="https://lp44.fr/wp-content/uploads/2015/01/patchwork-300x86.jpg" alt="" width="500" height="143" /></p>



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		<title>8 avril. Conférence Palestine avec Sandrine Mansour !</title>
		<link>https://lp44.fr/8-avril-conference-palestine-avec-sandrine-mansour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lp44]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2024 10:30:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Eléments de discussion]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe Clémence Royer]]></category>
		<category><![CDATA[Pacifisme]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Réunions publiques]]></category>
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					<description><![CDATA[Invitation en cliquant]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><img decoding="async" src="https://lpclemence44.files.wordpress.com/2024/03/texte-1.png?w=644" alt="Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est texte-1.png" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="https://lpclemence44.files.wordpress.com/2024/03/affiche-sandrine-rv.pdf"><strong>Invitation en cliquant</strong></a></p>
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		<title>A propos des Élections européennes</title>
		<link>https://lp44.fr/a-propos-des-elections-europeennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lp44]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jan 2024 09:55:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AILP]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Eléments de discussion]]></category>
		<category><![CDATA[Fédération Nationale LP]]></category>
		<category><![CDATA[Libertés démocratiques]]></category>
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					<description><![CDATA[Les élections au Parlement européen auront lieu du 6 au 9 juin 2024 dans toute l’Union européenne. La France métropolitaine votera le 9 juin. Comme à l’accoutumée, la Fédération nationale de la Libre Pensée, membre de l’Association internationale de la Libre Pensée n’entend pas, à cette occasion, délivrer des consignes de vote ou de non-vote. Elle laisse aux citoyens <a class="more-link" href="https://lp44.fr/a-propos-des-elections-europeennes/">Lire plus ...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>
<p><strong>Les élections au Parlement européen</strong> auront lieu du 6 au 9 juin 2024 dans toute <strong>l’Union européenne</strong>. La France métropolitaine votera le 9 juin.</p>
<p>

</p>
<p>Comme à l’accoutumée, la <strong>Fédération nationale de la Libre Pensée</strong>, membre de l’<strong>Association internationale de la Libre Pensée</strong> n’entend pas, à cette occasion, délivrer des consignes de vote ou de non-vote. Elle laisse aux citoyens le droit de se prononcer librement en votant pour qui ils veulent ou de ne pas participer à ce scrutin s’ils jugent cette instance hautement contestable, ce qui est tout à fait légitime.</p>
<p>

</p>
<p class="has-text-align-center"><a href="https://lpclemence44.files.wordpress.com/2024/01/a-propos-des-elections-europeennes-du-9-juin-2024.pdf">Lire: A propos des élections européennes ! </a></p>
<p></p>


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